Quelles assurances pour protéger sa famille ?
Cinq risques, et ce qui existe déjà pour chacun
| Risque | Ce que prévoit la loi ou la Sécurité sociale | Contrat qui complète |
|---|---|---|
| Dommages causés à un tiers | Rien : sans assurance, vous indemnisez vous-même la victime | Responsabilité civile, souvent dans le contrat habitation |
| Frais de santé | Remboursement d'une partie des soins par l'Assurance Maladie | Complémentaire santé familiale |
| Accident sans responsable | Soins remboursés, indemnités journalières si vous travaillez | Garantie des accidents de la vie, indemnité d'hospitalisation |
| Décès ou invalidité d'un parent | Capital décès, aides aux orphelins, réversion, pension d'invalidité, sous conditions | Assurance décès, prévoyance |
| Accident d'un enfant à l'école | Soins remboursés, aucune obligation d'assurance | Assurance scolaire, ou contrats déjà souscrits |
Commencer par les contrats que vous avez déjà
Commencez par relire votre assurance habitation, puis les notices de la complémentaire santé et de la prévoyance de votre employeur. L'assurance habitation peut déjà couvrir la responsabilité civile de toute la famille. Les contrats de votre entreprise peuvent aussi protéger votre conjoint et vos enfants.
Selon ABE Infoservice, le service d'information de la Banque de France, de l'ACPR et de l'AMF, une assurance scolaire peut inclure une garantie accidents. Certaines cartes bancaires haut de gamme prévoient également des garanties décès ou invalidité pour les voyages payés avec la carte.
La responsabilité civile : les dommages que la famille cause aux autres
Ce que couvre la responsabilité civile vie privée
L'assurance habitation comprend généralement une garantie responsabilité civile vie privée. Elle indemnise les personnes auxquelles vous, votre conjoint ou vos enfants causez un dommage. Elle peut aussi couvrir les dommages causés par vos animaux ou les objets dont vous avez la garde.
Par exemple, cette garantie peut intervenir si votre enfant casse les lunettes d'un camarade ou si votre chien mord un passant.
Les parents qui exercent l'autorité parentale sont responsables des dommages causés par leurs enfants mineurs, dans les conditions prévues par le Code civil. Sans assurance, ils doivent indemniser eux-mêmes la victime.
Est-elle obligatoire ?
Les obligations dépendent de votre logement. Un locataire doit être assuré contre les risques locatifs, comme l'incendie ou le dégât des eaux. Il doit remettre une attestation d'assurance au propriétaire chaque année.
Un propriétaire en copropriété doit souscrire une responsabilité civile, qu'il occupe le logement ou le loue. Le propriétaire d'une maison individuelle n'a pas cette obligation. S'il n'est pas assuré, il doit toutefois payer lui-même les dommages qu'il cause à d'autres personnes.
Pourquoi elle ne suffit pas à protéger la famille
La responsabilité civile sert à indemniser les victimes de dommages que vous causez. Selon Service-Public.fr, elle ne couvre pas les dommages que vous vous causez à vous-même ou à vos proches.
Si votre enfant se blesse seul en tombant de vélo ou si votre conjoint se brûle en cuisinant, cette garantie ne verse rien. La prise en charge dépend alors de l'Assurance Maladie, de la complémentaire santé et des éventuelles garanties accidents.
La santé : une complémentaire pour tout le foyer
Le rôle d'une complémentaire santé familiale
L'Assurance Maladie rembourse une partie des soins. La complémentaire santé couvre tout ou partie des frais qui restent à votre charge, selon les garanties choisies.
Un contrat familial peut protéger le souscripteur, son conjoint et ses enfants. Vérifiez jusqu'à quel âge les enfants peuvent rester couverts, notamment s'ils poursuivent leurs études.
Salarié : regarder d'abord le contrat de l'entreprise
Selon Service-Public.fr, un employeur du secteur privé doit proposer une complémentaire santé à tous ses salariés, quelle que soit leur ancienneté. Il doit financer au moins la moitié de leur cotisation. Le contrat peut aussi couvrir le conjoint et les enfants si l'entreprise le prévoit : consultez la notice pour le savoir.
Selon l'Urssaf, un salarié déjà couvert par le contrat collectif et obligatoire de son conjoint peut demander à ne pas adhérer à celui de son propre employeur.
Revenus modestes : la Complémentaire santé solidaire
La Complémentaire santé solidaire peut vous aider si les ressources de votre foyer sont modestes. Elle est gratuite en dessous d'un premier plafond. Au-delà, et jusqu'à un second plafond, elle coûte 8 à 30 € par mois et par personne, selon l'âge.
Les ressources de tout le foyer sont prises en compte. En métropole, depuis le 1er avril 2026, un foyer de 4 personnes peut en bénéficier gratuitement avec moins de 21 885 € de ressources annuelles. La version payante est accessible jusqu'à 29 544 €.
Les accidents de la vie : quand personne n'est responsable
Ce que prévoient la Sécurité sociale et la CAF
Après une chute dans l'escalier ou une blessure au sport sans autre personne responsable, l'Assurance Maladie rembourse les soins comme pour une maladie. Le parent qui travaille peut aussi recevoir des indemnités journalières pendant son arrêt, s'il remplit les conditions.
Si un enfant de moins de 20 ans subit un accident particulièrement grave, le parent qui cesse de travailler pour rester auprès de lui peut recevoir l'allocation journalière de présence parentale. Selon Service-Public.fr, elle est de 66,64 € par jour en 2026. Elle est versée dans la limite de 22 jours par mois et de 310 jours sur 3 ans.
Ce qu'un contrat ajoute
Selon ABE Infoservice, une garantie des accidents de la vie peut verser une indemnité en cas de décès ou d'invalidité permanente. Le montant est calculé en fonction des conséquences de l'accident, par exemple la perte de revenus ou les difficultés au quotidien.
Pour un contrat portant le label GAV créé par les assureurs, le seuil de référence pour indemniser les principaux préjudices est de 30 % d'invalidité permanente.
Le décès ou l'invalidité d'un parent : ce que versent les régimes publics
Le capital décès de la Sécurité sociale
Le capital décès dépend du statut du parent. Voici les montants de 2026 indiqués par l'Assurance Maladie et, pour les fonctionnaires, par Service-Public.fr.
| Situation du parent décédé | Capital versé en 2026 |
|---|---|
| Salarié du privé, chômeur indemnisé ou en arrêt de travail | 4 009 € |
| Travailleur indépendant en activité | 9 612 €, plus 2 403 € par enfant à charge |
| Fonctionnaire de l'État en activité | 12 derniers mois de rémunération brute, 16 036 € au moins, plus 884,33 € par enfant |
| Ancien salarié à la retraite | Aucun capital |
Les proches doivent demander ce capital : il n'est pas versé automatiquement. Les personnes à la charge du défunt sont prioritaires si elles font la demande dans le mois suivant le décès. Les autres bénéficiaires ont 2 ans pour agir.
Ce que reçoivent les enfants
Lorsqu'un parent décède, celui qui élève seul l'enfant peut recevoir l'allocation de soutien familial. Selon Service-Public.fr, elle est de 200,78 € par mois et par enfant depuis le 1er avril 2026. Son versement s'arrête si le parent vit de nouveau en couple.
Si les deux parents sont décédés, l'enfant peut recevoir une pension d'orphelin du régime général pour un décès survenu depuis le 1er septembre 2023. Elle correspond à 54 % de la retraite de base que le parent salarié percevait ou aurait pu percevoir. Le montant minimum est de 108,57 € bruts par mois.
Cette pension est versée jusqu'à un âge limite, qui peut être prolongé si l'orphelin a de faibles revenus d'activité. Selon Info Retraite, la caisse de retraite complémentaire des salariés peut aussi verser à chaque orphelin 50 % des droits acquis par le parent.
Ce que reçoit le conjoint survivant
La pension de réversion permet de recevoir une partie de la retraite du défunt. Selon Service-Public.fr, celle du régime général est réservée aux personnes mariées. Un partenaire de PACS ou un concubin n'y a pas droit.
Elle peut être versée à partir de 55 ans, sous conditions de ressources. Le plafond annuel est de 25 001,60 € pour une personne seule et de 40 002,56 € pour une personne en couple. La pension représente 54 % de la retraite de base du défunt, mais son montant est réduit si les ressources dépassent le plafond.
Par exemple, dans un couple pacsé de 40 ans avec deux enfants, si le parent salarié décède, les proches peuvent demander le capital décès de 4 009 €. Le parent survivant peut ensuite recevoir 401,56 € par mois d'allocation de soutien familial pour les deux enfants, tant qu'il vit seul. En revanche, il n'a pas droit à la pension de réversion, même lorsqu'il atteindra 55 ans.
La pension d'invalidité d'un parent
Si une maladie ou un accident réduit durablement la capacité de travail d'un parent, la Sécurité sociale peut lui verser une pension d'invalidité.
Selon Service-Public.fr, sa capacité de travail doit être réduite d'au moins deux tiers et il doit être affilié depuis au moins 12 mois. Il doit aussi avoir travaillé au moins 600 heures, ou cotisé sur un revenu d'au moins 2 030 fois le Smic horaire, pendant les 12 mois précédant l'arrêt de travail.
| Catégorie | Situation | Pension maximale par mois en 2026 |
|---|---|---|
| 1re catégorie | Peut encore exercer une activité | 1 201,50 € |
| 2e catégorie | Ne peut plus travailler | 2 002,50 € |
| 3e catégorie | A besoin d'une tierce personne au quotidien | 2 002,50 €, plus 1 298,44 € de majoration |
Ces montants correspondent aux plafonds publiés par l'Assurance Maladie au 1er janvier 2026.
L'assurance scolaire : obligatoire ou non ?
Ce que dit l'Éducation nationale
Selon le ministère de l'Éducation nationale, l'assurance scolaire est facultative pour les activités scolaires obligatoires comme pour les activités facultatives. Elle reste recommandée pour couvrir les dommages que l'élève peut causer ou subir.
Ce qu'elle couvre, et les doublons à éviter
L'assurance scolaire comprend deux garanties. La responsabilité civile couvre les dommages causés par l'élève à d'autres personnes. La garantie individuelle accidents couvre les accidents qu'il subit.
Si votre assurance habitation couvre déjà la responsabilité civile de vos enfants, vérifiez surtout la protection prévue pour leurs propres accidents. Le ministère conseille de demander à votre assureur une confirmation écrite des garanties applicables à l'école et pendant les activités périscolaires.
Une indemnité d'hospitalisation ne suffit pas à remplacer ces garanties. Elle ne couvre ni les dommages causés par l'enfant ni le remboursement de ses soins.
Ce que les contrats de prévoyance de notre comparateur ajoutent
Un capital si un parent décède ou perd son autonomie après un accident
Selon la formule, les contrats versent un capital allant jusqu'à 150 000 €, ou jusqu'à 100 000 € sur les autres offres, si le parent assuré décède dans les 12 mois suivant un accident.
Vous et votre conjoint pouvez être assurés pour des montants différents, que vous soyez mariés, pacsés ou en concubinage. Certaines formules prévoient une clause bénéficiaire par défaut : le capital revient au conjoint ou au partenaire de PACS, puis, à défaut, aux enfants, et enfin aux héritiers.
Si l'accident entraîne une perte totale et irréversible d'autonomie, le capital est versé à l'assuré sans attendre son décès. Sur la plupart des formules, cette situation correspond à une invalidité de 3e catégorie reconnue par la Sécurité sociale. Le même capital ne peut pas être versé une seconde fois au décès.
La garantie perte d'autonomie prend fin au plus tard l'année des 65 ans. Le capital n'est pas versé si l'état de santé se stabilise après l'âge d'ouverture des droits à la retraite. La garantie décès reste valable jusqu'à l'année des 80 ans.
Ces garanties ne couvrent pas le décès ou la perte d'autonomie dus à une maladie. Les enfants ne peuvent pas être assurés pour ce capital. Aucune rente n'est prévue pour le conjoint ou les études des enfants.
Une indemnité par jour d'hospitalisation, enfants compris
Les formules accident peuvent verser jusqu'à 200 € par jour d'hospitalisation. L'indemnité est due lorsque le séjour dépasse 24 heures continues, avec prise en compte des premières 24 heures. Le versement est limité à 365 jours.
Selon la formule, les enfants peuvent rester assurés jusqu'à 26 ou 28 ans inclus.
Les formules accident ne couvrent pas l'hospitalisation de jour ni l'hospitalisation à domicile. Elles ne considèrent pas l'infarctus ou l'AVC comme des accidents. Certains sports et loisirs sont également exclus, comme la plongée avec bouteille ou l'alpinisme au-delà de 3 000 mètres.
Une formule couvre aussi l'hospitalisation pour maladie après 48 heures, ainsi que la maternité après 10 mois d'adhésion. L'indemnité est doublée en cas d'accident. Cette formule protège l'adhérent et son conjoint, mais pas les enfants.
Sur les formules accident, une assistance peut prendre en charge la garde des enfants de moins de 16 ans si un parent assuré est hospitalisé plus de 4 jours après un accident. Cette aide est limitée à 10 heures réparties sur 10 jours.
Souscription et cotisation
Aucun questionnaire de santé n'est demandé, quel que soit le montant choisi. Votre état de santé ne sert pas à calculer la cotisation.
L'adhésion est possible de 18 à 75 ans pour le capital décès accidentel, et jusqu'à 80 ans pour l'indemnité d'hospitalisation après un accident. Chaque assuré a sa propre cotisation : le prix total pour la famille correspond à la somme des cotisations de toutes les personnes couvertes.
Selon la formule, les tarifs commencent à 2,48 € par mois pour l'indemnité d'hospitalisation et à 3,36 € par mois pour le capital. Pour souscrire ces contrats, il faut adhérer à une association d'assurés.