Prévoyance retraite

Au départ à la retraite, les garanties de prévoyance liées à l'emploi prennent généralement fin. La portabilité est réservée aux départs ouvrant droit à l'assurance chômage. Le maintien individuel prévu pour les retraités concerne la complémentaire santé, pas l'ensemble de la prévoyance. Pour conserver une protection en cas de décès, d'hospitalisation ou de dépendance, vérifiez les possibilités de maintien et les contrats individuels adaptés.

Les contrats de prévoyance de notre comparateur acceptent de nouvelles adhésions jusqu'à 75 ans pour un capital en cas de décès accidentel, et jusqu'à 80 ans pour une indemnité d'hospitalisation après un accident. Le décès par maladie reste en dehors de ces contrats, tout comme la dépendance liée à l'âge. Les règles publiques citées sont celles en vigueur en octobre 2026.

Que devient la prévoyance de l'entreprise au départ à la retraite ?

La couverture s'arrête avec le contrat de travail

La prévoyance d'entreprise est liée à votre emploi. À la retraite, les garanties pour de nouveaux événements cessent généralement à la date précisée dans la notice. Les prestations déjà dues pour un événement survenu avant le départ obéissent à des règles particulières : vérifiez leur poursuite auprès de l'assureur. Si vous étiez indépendant, les conditions de votre contrat personnel déterminent son âge ou sa date de fin.

Pourquoi la portabilité ne joue pas

La portabilité permet de garder gratuitement les garanties décès, incapacité et invalidité pendant 12 mois au maximum, sous conditions. La fin du contrat de travail doit notamment ouvrir droit à l'assurance chômage. Un départ à la retraite ne remplit pas cette condition.

Un maintien individuel possible pour la complémentaire santé

Un retraité peut demander le maintien de la complémentaire santé de son ancienne entreprise à titre individuel, en payant seul la cotisation. Ce dispositif ne prolonge pas les garanties décès ou invalidité de la même manière.

Ce que versent encore la Sécurité sociale et les aides publiques

Au décès : ni capital de l'Assurance Maladie, ni réversion hors mariage

Le capital décès du régime général est lié à la situation du défunt avant le décès : activité salariée, chômage indemnisé, arrêt indemnisé, pension d'invalidité ou rente d'accident du travail correspondant à une incapacité d'au moins 66,66 %, notamment. Un ancien salarié uniquement retraité n'y ouvre généralement pas droit. Un artisan ou un commerçant retraité peut en revanche ouvrir droit à 3 844,80 € en 2026, notamment s'il remplit la condition de 80 trimestres dans le régime concerné.

Dans les régimes de retraite des salariés du privé, la pension de réversion, c'est-à-dire une partie de la retraite du défunt, est réservée au conjoint ou à l'ex-conjoint marié. Elle est généralement accessible à partir de 55 ans, sous conditions de ressources pour la retraite de base. La réversion complémentaire ne dépend pas des ressources, mais comporte ses propres conditions. Le PACS et le concubinage ne donnent pas droit à la réversion.

À l'hôpital : plus d'indemnités journalières

Les indemnités journalières remplacent un revenu d'activité. Un retraité sans activité n'en reçoit pas. Une hospitalisation peut toutefois laisser des frais à payer : depuis le 1er mars 2026, le forfait hospitalier est de 23 € par jour à l'hôpital ou en clinique, jour de sortie compris. La Sécurité sociale ne le rembourse pas ; la complémentaire santé peut le couvrir selon le contrat.

En cas de perte d'autonomie : l'APA

L'allocation personnalisée d'autonomie, ou APA, aide à financer l'aide à domicile ou certains frais en établissement. Elle concerne les personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4. Le GIR mesure la perte d'autonomie, de 1, le plus important, à 6. À domicile, le plan d'aide est plafonné à 811,52 € par mois en GIR 4 et jusqu'à 2 080,33 € en GIR 1.

L'APA n'est pas soumise à un plafond de ressources pour l'ouverture des droits. En revanche, les revenus déterminent la participation du bénéficiaire. Pour une personne seule, elle est nulle jusqu'à 933,89 € de ressources mensuelles et peut atteindre 90 % au-delà de 3 439,31 €. L'APA n'est pas récupérée sur la succession.

Si vous touchiez une pension d'invalidité

Si vous ne travaillez plus, la pension d'invalidité est remplacée à 62 ans par une retraite pour inaptitude. La retraite doit être demandée auprès de la caisse, environ 4 mois avant cette date. Si vous poursuivez une activité, la pension d'invalidité peut être maintenue jusqu'à votre départ, au plus tard à 67 ans.

Quels risques reste-t-il à couvrir une fois à la retraite ?

Le décès, surtout pour un couple non marié

Au décès d'un retraité, le foyer perd ses revenus personnels, alors qu'une grande partie des charges continue. La réversion peut compenser une partie de la perte pour un conjoint marié, sous conditions. Un partenaire de PACS ou un concubin n'y a pas droit. Une assurance décès peut prévoir un capital en sa faveur, si les conditions de la garantie sont remplies.

Les frais d'une hospitalisation

Prenons un retraité de 72 ans qui chute chez lui et passe 8 jours à l'hôpital. Le forfait hospitalier lui coûte 8 × 23 €, soit 184 €, si sa complémentaire santé ne le couvre pas. S'il a souscrit une indemnité de 150 € par jour en cas d'accident, le contrat lui verse 8 × 150 €, soit 1 200 € : la franchise de 24 heures est dépassée, et les jours qu'elle couvre sont alors indemnisés eux aussi. Il dispose librement de cette somme : forfait, trajets de ses proches, aide au retour.

Comme le séjour dépasse 4 jours, l'assistance prévue sur les formules accident peut aussi organiser jusqu'à 10 heures d'aide à domicile. La demande se fait par téléphone dans les 7 jours qui suivent la sortie.

La dépendance, que nos contrats ne couvrent pas

La perte d'autonomie qui s'installe avec l'âge est le troisième risque de la retraite. Les contrats de prévoyance de notre comparateur ne la couvrent pas : aucune rente ni aucun capital n'est versé quand l'autonomie diminue au fil des années. Face à ce risque, l'APA reste la principale aide publique. Une assurance dépendance est un contrat distinct, à étudier à part.

Quelle prévoyance retraite souscrire à titre individuel ?

Un capital en cas de décès accidentel

Le contrat verse la somme aux bénéficiaires que vous avez désignés. Le montant choisi peut monter à 150 000 € avec l'une des formules ; les autres s'arrêtent à 100 000 €. Il faut que le décès survienne dans les 12 mois qui suivent un accident. Vous choisissez le montant parmi plusieurs paliers, et votre conjoint peut être assuré pour une autre somme que la vôtre. Un décès causé par une maladie n'ouvre aucun droit. Dans les limites fiscales en vigueur, vos bénéficiaires ne paient pas de droits de succession sur ce capital.

En cas de décès accidentel, l'assistance prévue sur les formules accident soutient aussi vos proches : mise en relation avec un opérateur funéraire, aide par téléphone pour organiser les obsèques, transport du corps vers la commune choisie en France pour l'inhumation ou la crémation. Elle ne paie pas les frais d'obsèques eux-mêmes : leur financement relève d'un contrat obsèques, souscrit à part.

L'adhésion est ouverte jusqu'à 75 ans. La garantie décès prend fin l'année des 80 ans de l'assuré.

Une indemnité pour chaque jour d'hospitalisation

Côté hospitalisation après un accident, le montant journalier choisi peut atteindre 200 € selon la formule. Il est dû dès que le séjour atteint 24 heures continues, ces premières heures comprises, pendant 365 jours au plus pour un même accident. Vous pouvez y adhérer jusqu'à 80 ans, et la garantie prend fin l'année des 82 ans.

Une autre formule indemnise en plus l'hospitalisation pour maladie, à partir de 48 heures, avec une indemnité doublée quand le séjour suit un accident. Sa cotisation dépend de l'âge atteint. Les âges de 80 et 82 ans valent pour les formules accident.

La perte d'autonomie accidentelle : des limites liées à l'âge

Le capital peut aussi être versé à l'assuré en cas de perte totale et irréversible d'autonomie, ou PTIA, après un accident. La plupart des formules renvoient à une invalidité de 3e catégorie ou à une majoration pour tierce personne. La garantie s'arrête l'année des 65 ans et ne joue pas si l'état se stabilise après l'âge d'ouverture des droits à la retraite. Elle ne couvre donc pas la dépendance liée au vieillissement. Vérifiez les dates prévues dans la notice plutôt que de vous fier au seul âge de fin de garantie.

Jusqu'à quel âge souscrire, et quand la garantie s'arrête-t-elle ?

Les âges à retenir

Garantie Âge limite d'adhésion Arrêt de la garantie
Capital décès après un accident 75 ans L'année des 80 ans
Capital PTIA après un accident 75 ans, avec le capital décès, mais sans effet après 65 ans L'année des 65 ans, et rien n'est dû si l'état se stabilise après l'âge de la retraite
Indemnité d'hospitalisation en cas d'accident 80 ans L'année des 82 ans

La garantie prend fin automatiquement à la limite prévue. La date exacte varie selon les formules : demandez-la à l'assureur avant de souscrire.

Exemple d'un départ à 63 ans

Vous prenez votre retraite à 63 ans et souscrivez les deux garanties la même année. Le capital décès accidentel joue jusqu'à l'année de vos 80 ans, soit environ 17 ans. L'indemnité d'hospitalisation en cas d'accident court jusqu'à l'année de vos 82 ans. La garantie perte d'autonomie ne vous apporte rien, puisque vos droits à la retraite sont déjà ouverts. Si vous attendez 76 ans pour vous décider, seule l'indemnité d'hospitalisation reste accessible.

Comment souscrire une prévoyance individuelle à la retraite ?

Sans questionnaire de santé

L'adhésion se fait sans aucune question sur votre santé, y compris pour les montants les plus hauts. Un traitement en cours ou des antécédents ne ferment pas l'accès et ne font pas monter la cotisation. Celle-ci varie avec le niveau choisi et, sur certaines formules, avec l'âge. Pour le capital, certaines formules appliquent un tarif propre aux 65-75 ans, d'autres un tarif unique de 18 à 75 ans. Pour l'indemnité en cas d'accident, l'âge ne change pas la cotisation.

Ce que coûte la cotisation

Les tarifs commencent à 2,48 € mensuels pour l'indemnité journalière et à 3,36 € mensuels pour le capital décès, selon la formule et l'âge. Chaque assuré a sa propre cotisation. Vous payez chaque mois, trimestre, semestre ou année, par prélèvement sur la plupart des formules. Pour accéder à ces contrats, vous adhérez à une association d'assurés : ses frais d'adhésion s'ajoutent à chaque prélèvement.

De la demande à la prise d'effet

Le contrat démarre au plus tôt le 3e jour suivant l'arrivée de votre demande signée, si la première cotisation a bien été payée. Aucun délai de carence ne s'applique en cas d'accident. Vous avez 14 jours pour renoncer, sans motif. Votre conjoint, marié, pacsé ou concubin, peut être assuré avec vous. Chaque année, à l'échéance, vous pouvez augmenter ou baisser le niveau de garantie, à condition de prévenir 2 mois avant.

FAQ sur la prévoyance à la retraite

Peut-on garder la complémentaire santé de son entreprise à la retraite ?

Oui, à titre individuel et en payant la cotisation complète, sans participation de l'ancien employeur. L'assureur doit vous adresser une proposition dans les 2 mois suivant la fin du contrat de travail. Vous disposez de 6 mois après le départ pour demander ce maintien. Le tarif est limité au tarif global des actifs la 1re année, puis peut le dépasser de 25 % la 2e année et de 50 % la 3e. À partir de la 4e année, le tarif est libre.

Un retraité qui reprend un emploi touche-t-il des indemnités journalières ?

Oui, sous conditions. En cumul emploi-retraite, les indemnités maladie peuvent être versées pendant 60 jours au maximum sur l'ensemble de la retraite lorsque vous avez atteint l'âge légal, percevez une retraite personnelle et poursuivez une activité.

Quels événements ne donnent pas droit aux garanties ?

Sur les formules accident, les contrats rangent l'infarctus et l'AVC parmi les maladies : ni capital ni indemnité dans ce cas. Sont aussi exclus, entre autres (liste non exhaustive) : le suicide et la tentative de suicide, l'état alcoolique caractérisé, les médicaments pris sans prescription, la guerre et les attentats, et plusieurs sports à risque, comme la randonnée en montagne au-delà de 3 000 mètres. Les listes varient d'une formule à l'autre.

Un séjour en gériatrie ou en rééducation est-il indemnisé ?

Non. Ces séjours ne comptent pas comme une hospitalisation au sens des contrats. C'est aussi le cas de l'hospitalisation à domicile, d'un séjour en maison de retraite ou en établissement de convalescence. Sur les formules accident, l'hospitalisation de jour n'ouvre pas de droit non plus. Après une fracture, seul le séjour dans le service qui vous a soigné est indemnisé, pas les semaines de rééducation qui suivent.

Que devient le contrat à 80 ou 82 ans ?

Il prend fin sans que les cotisations versées vous soient remboursées. Ce sont des garanties de pure prévoyance, sans valeur de rachat ni capital versé au terme.

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