Prévoyance collective

La prévoyance collective est souscrite par l'employeur pour protéger ses salariés, ou une catégorie d'entre eux, en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès. Pour les cadres, l'employeur doit financer une couverture à hauteur d'au moins 1,50 % du salaire limité au plafond de la Sécurité sociale, en priorité pour le décès. Pour les autres salariés, une convention collective peut imposer des garanties.

Sous conditions, la contribution de l'employeur bénéficie d'une exonération partielle de cotisations sociales. Après la fin du contrat de travail, le salarié qui remplit les conditions de portabilité peut conserver gratuitement ses garanties pendant 12 mois au maximum. Les montants présentés sont ceux de 2026.

Notre comparateur propose des contrats individuels, indépendants de l'employeur. Ils peuvent verser un capital en cas de décès ou de perte totale d'autonomie après un accident, ainsi qu'une indemnité fixe par jour d'hospitalisation. Ils ne remplacent pas un régime d'entreprise couvrant l'arrêt de travail et l'invalidité.

Qu'est-ce que la prévoyance collective ?

Un contrat signé par l'employeur pour un groupe de salariés

L'entreprise souscrit le contrat auprès d'une institution de prévoyance, d'une mutuelle ou d'un assureur. Le régime doit couvrir l'ensemble des salariés ou des catégories définies selon des critères objectifs, comme les cadres. Un dispositif financé directement par l'entreprise sans organisme assureur ne bénéficie pas des mêmes exonérations.

Les trois risques couverts

Selon ses garanties, le contrat peut compléter les indemnités de la Sécurité sociale pendant un arrêt, ajouter une rente à la pension d'invalidité et verser un capital au décès. Il peut aussi prévoir une rente pour le conjoint ou les enfants, ainsi que des prestations de dépendance ou de maternité. Les montants dépendent du contrat et des obligations de la branche.

Un contrat distinct de la mutuelle d'entreprise

La mutuelle d'entreprise rembourse les frais de soins. Dans le privé, l'employeur doit la proposer depuis 2016 et en financer au moins la moitié. La prévoyance sert surtout à compenser une perte de revenus ou à protéger les proches en cas de décès. Les deux couvertures peuvent être gérées par le même organisme, mais restent distinctes.

L'employeur est-il obligé de mettre en place une prévoyance collective ?

Oui pour les cadres : 1,50 % du salaire sous le plafond

Pour chaque cadre, l'employeur doit financer seul une cotisation minimale de 1,50 % de la tranche A, la part du salaire située sous le plafond de la Sécurité sociale. Ce plafond est de 4 005 € par mois en 2026. La cotisation finance en priorité le décès. Certains salariés assimilés cadres bénéficient aussi de cette obligation.

Prenons un cadre payé 5 000 € brut par mois. La cotisation se calcule sur 4 005 €, et l'employeur verse au moins 60,08 € par mois pour sa prévoyance. Le salarié ne paie rien sur cette part.

Ce que doit l'employeur qui ne s'assure pas

Si un cadre décède et que l'employeur ne peut justifier d'un contrat conforme, celui-ci doit verser une somme égale à trois plafonds annuels de la Sécurité sociale, soit 144 180 € en 2026. Elle revient au conjoint survivant, à défaut aux descendants, puis à la succession.

Pour les autres salariés, la branche décide

Il n'existe pas d'obligation générale de prévoyance pour les non-cadres. Un accord de branche ou une convention collective peut toutefois imposer un régime et des garanties minimales. Le nom de votre convention collective figure sur le bulletin de paie.

Comment l'entreprise met-elle en place le régime ?

Accord, référendum ou décision de l'employeur

Le régime peut être mis en place de trois façons :

  • un accord collectif négocié avec les représentants des salariés ;
  • un projet d'accord proposé par l'employeur et ratifié par la majorité du personnel ;
  • une décision unilatérale de l'employeur, qui en remet une copie écrite à chaque salarié.

En cas de contrôle, l'entreprise doit produire ces pièces, sinon sa participation perd l'exonération de cotisations.

Une adhésion imposée aux salariés concernés

Pour ouvrir droit aux exonérations, le régime rend l'adhésion obligatoire pour tous les salariés de la catégorie visée. La participation de l'employeur est la même pour chacun d'eux, sauf modulation selon la composition de la famille. Des dispenses d'adhésion existent, sous des conditions fixées par l'administration.

Si le régime est créé par décision unilatérale, les salariés déjà présents ne peuvent pas être contraints de financer une cotisation contre leur gré.

La notice que l'employeur doit vous remettre

L'employeur doit remettre la notice rédigée par l'assureur à chaque salarié concerné. Elle présente les garanties, leur date de début et les formalités en cas de sinistre. Pour un contrat relevant du Code des assurances, une modification des droits doit être annoncée par écrit au moins trois mois avant son application. Conservez cette notice pour connaître vos droits.

Qui paie la prévoyance collective, et avec quels avantages fiscaux ?

Le partage de la cotisation

L'acte qui crée le régime fixe la part de l'employeur et celle des salariés. Pour les cadres, la cotisation minimale de 1,50 % reste à la seule charge de l'employeur. Au-delà, et pour les autres salariés, le partage peut varier d'une garantie à l'autre.

Pour l'entreprise : une part patronale exonérée, dans une limite

Sous conditions, la contribution de l'employeur est exonérée de cotisations de Sécurité sociale dans une limite égale à 6 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, plus 1,5 % du salaire brut. Le total ne peut pas dépasser 12 % du plafond, soit 5 767,20 € par an et par salarié en 2026. La CSG et la CRDS restent dues. À partir de 11 salariés, un forfait social de 8 % s'applique également à la contribution exonérée.

Cette contribution ne doit pas remplacer un élément de salaire. Si une prime est supprimée, il faut respecter un délai de 12 mois avant de la remplacer par un financement de prévoyance. Sinon, celui-ci est soumis aux cotisations dès le premier euro.

Pour le salarié : des cotisations retirées du revenu imposable

Les cotisations de prévoyance collective obligatoire peuvent être déduites du salaire imposable, pour la part salariale et la part patronale hors frais de santé. La limite correspond à 5 % du plafond annuel de la Sécurité sociale plus 2 % du salaire annuel brut, sans dépasser 2 % de huit plafonds annuels. En 2026, cela représente 2 403 € plus 2 % du salaire, dans la limite de 7 689,60 €. L'excédent est imposable. La part patronale de la complémentaire santé reste, elle, imposable.

Que devient la prévoyance collective quand on quitte l'entreprise ou qu'elle change d'assureur ?

La portabilité : des garanties gardées sans payer

La portabilité permet de conserver gratuitement les garanties décès, incapacité et invalidité après le départ de l'entreprise. La rupture doit ouvrir droit à l'assurance chômage et ne pas être liée à une faute lourde. Les proches déjà couverts peuvent aussi en bénéficier. L'employeur signale ce maintien sur le certificat de travail et informe l'assureur.

Combien de temps dure le maintien ?

Il dure tant que vous touchez l'allocation chômage, sans aller au-delà du temps passé dans votre dernier emploi chez cet employeur, arrondi au mois supérieur. Il ne dépasse jamais 12 mois. Après un CDD de 5 mois et 10 jours, vous gardez vos garanties 6 mois au plus ; après 4 ans de CDI, 12 mois. Pendant cette période, les indemnités d'incapacité ne peuvent pas dépasser l'allocation chômage que vous auriez reçue pour la même période. De votre côté, vous justifiez auprès de l'assureur, au départ puis tout au long du maintien, que vous êtes bien indemnisé par l'assurance chômage.

Si l'entreprise change d'assureur pendant un arrêt

Un changement d'assureur ne met pas fin aux prestations déjà dues : une rente d'invalidité en cours, par exemple, continue d'être versée. La garantie décès est aussi maintenue, sous conditions, pour les salariés en arrêt de travail ou en invalidité lorsque le contrat couvre ces risques. Pour les cadres, le maintien du décès pendant la maladie ou l'invalidité peut se poursuivre jusqu'à la liquidation de la retraite.

Prévoyance collective ou individuelle : quelles différences ?

Ce qui change d'un contrat à l'autre

Prévoyance collective d'entreprise Prévoyance individuelle
Qui signe le contrat L'employeur, pour un groupe de salariés Vous, à titre personnel
Adhésion Obligatoire pour la catégorie visée Libre
Qui paie L'employeur et les salariés, selon l'acte du régime Vous seul
Niveau des garanties Fixé par l'entreprise ou la branche Choisi par vous, parmi les niveaux du contrat
Impôt sur le revenu Cotisations déduites dans une limite, indemnités journalières imposables Cotisations non déductibles pour un salarié, indemnités exonérées si l'adhésion est facultative
Départ de l'entreprise Fin de la couverture, portabilité jusqu'à 12 mois sous conditions Le contrat continue, sans lien avec l'emploi

Les indemnités complémentaires d'un régime obligatoire d'entreprise sont imposables. Celles d'un contrat à adhésion facultative sont en principe exonérées, selon le cadre de souscription et de financement.

Un contrat « collectif à adhésion facultative » reste une prévoyance individuelle

Un contrat collectif à adhésion facultative peut être souscrit par une association, puis proposé à ses membres. C'est le cas de nos contrats : vous adhérez librement, choisissez les garanties et payez les cotisations ainsi que les frais d'association. L'employeur n'intervient pas. Ces contrats ne bénéficient ni des exonérations patronales ni de la portabilité d'un régime d'entreprise.

Ce qu'un contrat individuel couvre en plus

Nos contrats peuvent verser un capital de 150 000 € au maximum sur une formule, et 100 000 € sur les autres, si le décès survient dans les 12 mois après un accident. Un infarctus ou un AVC est considéré comme une maladie et n'ouvre pas droit à ce capital. Le même capital peut être versé à l'assuré en cas de perte totale et irréversible d'autonomie après l'accident. Sur la plupart des formules, elle correspond à une invalidité de 3e catégorie. Cette garantie s'arrête l'année des 65 ans et ne s'applique pas si les séquelles se stabilisent après l'âge d'ouverture des droits à la retraite.

Le second est l'hospitalisation, avec une indemnité fixe pour chaque journée d'hôpital, qui monte jusqu'à 200 € par jour pour les niveaux de garantie les plus hauts de certaines formules. Une hospitalisation à domicile ou un séjour en rééducation ou en convalescence n'ouvre pas droit à cette indemnité, et les formules accident exigent un séjour d'au moins 24 heures. Les formules d'indemnité en cas d'accident acceptent aussi le conjoint et les enfants comme assurés ; les formules capital s'ouvrent au conjoint, pas aux enfants.

Votre emploi n'a aucune incidence sur ces contrats : une démission, un licenciement ou un départ à la retraite ne les interrompt pas, dans la limite d'âge propre à chaque garantie. On y entre sans questionnaire de santé, entre 18 et 75 ans pour le capital ; l'indemnité en cas d'accident reste ouverte aux nouvelles adhésions jusqu'à 80 ans. Sur certaines formules, le tarif commence à 2,48 € par mois côté hospitalisation, 3,36 € par mois côté capital.

Un décès causé par une maladie, une invalidité partielle ou un arrêt de travail suivi chez soi n'ouvrent aucun droit, et aucune rente n'est prévue. Ces contrats ne prennent donc pas la place des garanties incapacité et invalidité d'un régime d'entreprise.

FAQ sur la prévoyance collective

La prévoyance collective couvre-t-elle le conjoint et les enfants ?

Seulement si le contrat le prévoit. Les proches peuvent être couverts à titre obligatoire ou facultatif. La notice précise les bénéficiaires, les cotisations et les garanties : capital, rente de conjoint ou rente éducation. La contribution patronale peut bénéficier d'exonérations dans les limites applicables. L'obligation générale de financement d'au moins 50 % concerne la complémentaire santé, pas toutes les garanties de prévoyance.

Un salarié en CDD ou à temps partiel est-il couvert ?

Oui, s'il appartient à la catégorie couverte. Le seul fait d'être en CDD ou à temps partiel ne doit pas exclure un salarié de cette catégorie. Des conditions d'ancienneté ou des dispenses d'adhésion peuvent toutefois s'appliquer selon les règles du régime. Consultez l'acte de mise en place et la notice.

Une maladie antérieure à l'embauche est-elle prise en charge ?

En principe, les garanties collectives obligatoires couvrent les conséquences de maladies apparues avant l'adhésion, sous réserve notamment des règles sur les fausses déclarations. Si l'entreprise change d'assureur, les prestations dues pour un événement survenu pendant l'ancien contrat restent à la charge de l'organisme concerné, y compris lorsqu'elles sont versées plus tard.

La rente d'invalidité versée par l'entreprise est-elle imposable ?

Oui. Une rente d'invalidité issue d'un contrat collectif obligatoire se déclare dans la catégorie des pensions. Elle bénéficie de l'abattement de 10 % applicable à l'ensemble des pensions et rentes concernées.

Faut-il résilier sa prévoyance individuelle quand on rejoint une entreprise qui en a une ?

Non, aucune règle ne l'impose : les deux contrats sont indépendants. Comparez la notice remise par l'employeur avec votre contrat, garantie par garantie, pour voir ce que chacun verse. Un contrat de notre comparateur se résilie, si vous le souhaitez, à sa date anniversaire, en prévenant 2 mois avant.

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