Prévoyance complémentaire

La prévoyance complémentaire protège les revenus du foyer en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès. Elle complète les prestations de la Sécurité sociale, qui sont plafonnées. Pour un salarié dont l'arrêt maladie est prescrit depuis juillet 2026, l'indemnité ne dépasse pas 42,97 € bruts par jour. Un contrat souscrit par l'employeur ou à titre personnel peut compléter cette somme, selon ses garanties.

Les contrats de prévoyance de notre comparateur complètent la Sécurité sociale sur deux points précis : une indemnité pour chaque jour d'hospitalisation, et un capital si vous mourez ou perdez toute autonomie, de façon définitive, à la suite d'un accident. Rien n'est versé pendant un arrêt de travail passé à la maison, pour une invalidité partielle ou pour un décès causé par une maladie, et aucune rente n'est prévue.

Que complète la prévoyance complémentaire ?

Les risques couverts par un contrat de prévoyance

Un contrat de prévoyance peut couvrir le décès, l'invalidité, l'incapacité temporaire de travail et la perte totale et irréversible d'autonomie. Les causes couvertes varient : maladie, accident ou les deux. Il complète les prestations du régime obligatoire avec des indemnités journalières, une rente ou un capital. Le montant et les conditions sont définis au contrat.

Qui paie quoi, de la Sécurité sociale au contrat

Arrêt de travail Invalidité Décès
Sécurité sociale La moitié du salaire journalier, plafonnée à 42,97 € bruts par jour 30 % ou 50 % du salaire moyen, 2 002,50 € par mois au maximum 4 009 € pour un salarié
Employeur, en vertu du Code du travail Un complément de salaire de 60 à 180 jours, après un an d'ancienneté Aucun versement Aucun versement
Contrat de prévoyance, collectif ou individuel Des indemnités au-delà de ce complément Une rente Un capital, une rente pour le conjoint ou les enfants

Seule la troisième ligne dépend d'un contrat : c'est elle que l'on appelle prévoyance complémentaire.

En arrêt de travail, ce que paie la Sécurité sociale et ce qui manque

Les indemnités journalières d'un salarié

Après 3 jours de carence, la Sécurité sociale verse 50 % du salaire journalier de base. Le salaire mensuel retenu est plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € pour un arrêt prescrit depuis juillet 2026. L'indemnité maximale est donc de 42,97 € bruts par jour, même avec un salaire plus élevé. Le régime général prévoit au maximum 360 indemnités sur 3 ans. Une ALD exonérante peut permettre un versement sur 3 ans ; les ALD non exonérantes relèvent de règles spécifiques depuis le 15 octobre 2026.

Le complément de l'employeur, limité dans le temps

Un salarié présent depuis au moins un an reçoit en plus un complément de son employeur, prévu par le Code du travail. Ce complément démarre au 8e jour d'arrêt. Il porte le revenu à 90 % du salaire brut, puis à 66,66 %, indemnités de la Sécurité sociale comprises. Sa durée suit l'ancienneté : 60 jours en tout entre 1 et 5 ans, 20 jours de plus par tranche de 5 ans, et 180 jours à partir de 31 ans. Une convention collective peut prévoir mieux.

Exemple : un salarié payé 3 500 € brut, arrêté quatre mois

Prenons un salarié payé 3 500 € brut par mois, avec 3 ans d'ancienneté, en arrêt maladie pendant 120 jours. Sa convention collective reprend les règles légales, sans les améliorer.

Période de l'arrêt Qui paie Revenu brut du salarié
Jours 1 à 3 Personne 0 €
Jours 4 à 7 Sécurité sociale 42,97 € par jour
Jours 8 à 37 Sécurité sociale et employeur 90 % du salaire, l'équivalent de 3 150 € par mois
Jours 38 à 67 Sécurité sociale et employeur 66,66 % du salaire, l'équivalent de 2 333,10 € par mois
Jours 68 à 120 Sécurité sociale seule 42,97 € par jour, soit 1 289,10 € sur 30 jours

À partir du 68e jour, son revenu baisse de 2 210,90 € bruts par mois par rapport au salaire habituel. Une garantie incapacité de travail peut compenser une partie de cette perte et, selon le contrat, couvrir certains jours non indemnisés au début de l'arrêt.

Pour un artisan ou un commerçant, rien ne s'ajoute

Un artisan ou un commerçant n'a pas d'employeur pour compléter ses revenus. Ses indemnités sont calculées sur la moyenne des revenus cotisés des 3 années précédentes, plafonnée à 48 060 €. Elles peuvent atteindre 65,84 € par jour, soit 1 975,20 € pour 30 jours indemnisés. Une carence de 3 jours s'applique. Hors dispositifs particuliers de longue durée, la limite est de 360 indemnités sur 3 ans.

En invalidité, une pension calculée sur un salaire plafonné

Les trois catégories et leurs montants en 2026

Une pension d'invalidité peut être accordée après une maladie ou un accident non professionnel si la capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins deux tiers et si les conditions d'affiliation sont remplies. Elle est calculée sur les 10 meilleures années de salaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Le taux dépend de la catégorie attribuée par la caisse.

Catégorie Situation de la personne Taux Pension minimale par mois Pension maximale par mois
1re Peut encore exercer une activité 30 % 338,31 € 1 201,50 €
2e Ne peut plus exercer de profession 50 % 338,31 € 2 002,50 €
3e A aussi besoin d'une tierce personne 50 % 338,31 € et la majoration 2 002,50 € et la majoration

La majoration pour tierce personne est de 1 298,44 € par mois. Le tableau présente les montants de référence applicables en 2026.

Ce qui reste à couvrir après la pension

Reprenons le salarié payé 3 500 € brut par mois. Si la moyenne de ses 10 meilleures années atteint 42 000 € brut par an, sa pension de 2e catégorie vaut 21 000 € par an, soit 1 750 € par mois. Il perd la moitié de son revenu, et cela jusqu'à sa retraite. Classé en 1re catégorie, il toucherait 1 050 € par mois et devrait trouver le reste dans un emploi compatible avec son état.

Pour une personne qui ne travaille plus, la pension s'arrête à 62 ans et la retraite pour inaptitude lui succède. Entre la mise en invalidité et cet âge, une rente d'invalidité versée par un contrat de prévoyance peut s'ajouter à la pension et réduire l'écart avec l'ancien salaire.

Au décès, un capital forfaitaire versé aux proches

Ce que versent les régimes obligatoires en 2026

Situation du défunt Capital décès
Salarié, chômeur indemnisé, en arrêt indemnisé ou titulaire d'une pension d'invalidité dans les 3 mois avant le décès 4 009 €
Artisan ou commerçant qui travaillait encore 9 612 €, et 2 403 € pour chaque enfant à charge
Agent titulaire de l'État encore en poste Un an de salaire brut, avec un plancher de 16 036 €
Salarié du privé déjà à la retraite Aucun capital

Le capital décès du régime des salariés est de 4 009 € depuis le 1er avril 2026. Il doit être demandé par les proches, au plus tard dans les 2 ans suivant le décès : le versement n'est pas automatique.

Ce qu'un contrat complémentaire peut ajouter

Pour un salarié payé 3 500 € brut par mois, le capital de 4 009 € représente à peine plus d'un mois de salaire. Une prévoyance peut ajouter un capital fixe ou calculé en pourcentage du salaire de référence. Elle peut aussi prévoir une rente pour le conjoint, temporaire ou viagère, et une rente éducation pour les enfants à charge, jusqu'à l'âge fixé au contrat.

Prévoyance complémentaire ou complémentaire santé : quelle différence ?

L'une rembourse des soins, l'autre verse de quoi vivre

La complémentaire santé, ou mutuelle, rembourse les dépenses médicales selon les garanties et les frais engagés. La prévoyance verse plutôt des indemnités en cas de perte de revenus ou un capital aux proches après un décès. Les deux protections répondent à des besoins différents.

Une mutuelle sans garantie de prévoyance ne compense pas la perte de salaire pendant un arrêt. Inversement, une prévoyance ne rembourse pas les consultations médicales.

L'exemple d'une hospitalisation de dix jours

La complémentaire santé règle une partie de la facture du séjour, selon ses garanties. Une indemnité journalière d'hospitalisation, qui relève de la prévoyance, verse une somme fixée d'avance pour chaque jour passé à l'hôpital, quel que soit le montant de la facture. Avec une indemnité choisie de 50 € par jour, dix jours donnent 500 €.

Contrat d'entreprise ou contrat individuel ?

Vérifier ce que prévoit déjà votre employeur

Dans le privé, l'employeur doit proposer une complémentaire santé et en financer au moins 50 %. Pour la prévoyance, il n'existe pas d'obligation générale pour tous les salariés. Les cadres bénéficient toutefois d'une cotisation patronale minimale de 1,50 % de la tranche A, affectée en priorité au décès. Une convention collective peut aussi imposer un régime. Demandez la notice à votre employeur, puis vérifiez le revenu maintenu pendant un arrêt, le délai avant indemnisation, la rente d'invalidité et le capital décès.

Après votre départ, la portabilité peut maintenir gratuitement les garanties si vous remplissez les conditions, notamment l'ouverture de droits au chômage et l'absence de faute lourde. Elle est limitée à la durée du dernier emploi, arrondie au mois supérieur, et à 12 mois au maximum.

Quand un contrat individuel a du sens

Un contrat individuel se signe soi-même, auprès de l'assureur de son choix, et reste en place si vous changez d'employeur. Il concerne les personnes qui n'ont aucun contrat collectif : indépendants, salariés d'une entreprise qui n'en a pas mis en place, personnes sans emploi, retraités. Il sert aussi au salarié couvert qui veut renforcer un point faible de son contrat d'entreprise, comme un capital décès trop bas pour sa famille.

Un contrat individuel comporte souvent un questionnaire de santé. Selon les réponses, l'assureur peut appliquer une surprime, exclure un risque ou refuser l'adhésion. Dans un régime collectif obligatoire, les règles d'acceptation sont différentes et aucun questionnaire individuel n'est généralement demandé.

Le cas des agents de l'État

Les employeurs de l'État déploient progressivement une prévoyance collective depuis 2025. Elle couvre l'incapacité, l'invalidité non professionnelle et le décès, avec une aide de 7 € par mois. L'adhésion est facultative, sauf accord prévoyant le contraire. Pendant les 6 mois suivant la mise en place du contrat ou le recrutement, elle se fait en principe sans condition d'âge ni de santé ; des règles particulières concernent les agents déjà en arrêt. Après ce délai, un questionnaire peut influencer le tarif. En congé de longue maladie, le socle complète la rémunération jusqu'à 100 % la première année puis 80 % les deux suivantes.

Ce que les contrats de notre comparateur ajoutent à la Sécurité sociale

Une somme fixe par journée d'hospitalisation

L'indemnité journalière d'hospitalisation monte, selon la formule, à 200 € par jour, et elle est versée 365 jours au maximum. Son montant est fixé d'avance, sans rapport avec vos frais. Sur les formules en cas d'accident, le versement commence quand l'hospitalisation dure au moins 24 heures d'affilée ; chaque jour est alors indemnisé depuis l'entrée. Une formule prend aussi en charge l'hospitalisation pour maladie, à partir de 48 heures, et pour maternité, après 10 mois d'adhésion ; l'indemnité y est doublée quand le séjour fait suite à un accident.

L'indemnité d'hospitalisation couvre uniquement les jours passés à l'hôpital. Avec une garantie de 150 € par jour, un salarié arrêté quatre mois, dont 12 jours hospitalisés après une chute, reçoit 1 800 €. Sa convalescence à domicile n'est pas indemnisée. Les séjours en rééducation sont exclus, tout comme l'hospitalisation de jour sur les formules accident.

Un capital après un accident mortel ou une perte d'autonomie totale

Ces contrats versent un capital aux personnes que vous désignez si le décès survient au plus tard 12 mois après l'accident. Le plafond du capital dépend de la formule : 150 000 € pour l'une, 100 000 € pour les autres, avec des paliers entre deux. Votre conjoint peut être assuré pour un autre montant que vous. Si l'accident vous rend complètement et définitivement dépendant d'une tierce personne, ce qui correspond sur la plupart des formules à un classement en 3e catégorie d'invalidité ou à une majoration pour tierce personne, vous touchez vous-même ce capital, une seule fois.

Pour cette perte d'autonomie, la couverture cesse l'année de vos 65 ans. Elle ne joue pas non plus quand la consolidation, date à partir de laquelle les séquelles sont stables, intervient après l'âge d'ouverture de vos droits à la retraite. Pour le décès, la couverture va jusqu'à l'année des 80 ans.

Adhésion et tarif

Vous n'avez aucun questionnaire de santé à remplir, même pour le capital le plus élevé, et votre état de santé ne pèse pas sur le tarif. L'adhésion est ouverte à partir de 18 ans. Vous pouvez adhérer jusqu'à 75 ans au capital décès accidentel, et jusqu'à 80 ans aux formules d'hospitalisation en cas d'accident. Selon la formule, comptez au moins 2,48 € par mois pour l'indemnité d'hospitalisation ; le capital démarre à 3,36 € mensuels. Ces contrats sont collectifs, mais chacun y adhère librement, en rejoignant une association d'assurés. Sans sinistre, aucune cotisation n'est restituée : ce n'est pas une épargne.

FAQ sur la prévoyance complémentaire

Que se passe-t-il quand les indemnités journalières s'arrêtent ?

Une pension d'invalidité peut prendre le relais si la capacité de travail ou de gain reste réduite d'au moins deux tiers et si les autres conditions sont remplies. La caisse peut vous la proposer. Sinon, vous pouvez la demander dans le délai applicable, généralement 12 mois après la fin des indemnités. Elle dispose de 2 mois pour répondre ; son silence vaut refus.

Quand peut-on résilier une prévoyance complémentaire individuelle ?

Sur les contrats de prévoyance de notre comparateur, vous résiliez à l'échéance annuelle, en prévenant 2 mois avant. Si la cotisation augmente, vous avez 30 jours à partir de l'avis de hausse pour résilier, ou un mois sur l'une des offres.

Quels accidents les garanties de notre comparateur ne couvrent-elles pas ?

Sur les formules en cas d'accident, un infarctus ou un AVC relève de la maladie, pas de l'accident. Sont aussi exclus, entre autres : les actes volontaires de l'assuré, la tentative de suicide et le suicide, l'ivresse caractérisée ou la prise de drogues, la guerre et les attentats, et plusieurs sports, comme la plongée avec bouteille, l'alpinisme au-dessus de 3 000 mètres ou le parapente. Chaque formule a sa propre liste, détaillée dans la notice.

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