Que complète la prévoyance complémentaire ?
Les risques couverts par un contrat de prévoyance
Un contrat de prévoyance peut couvrir le décès, l'invalidité, l'incapacité temporaire de travail et la perte totale et irréversible d'autonomie. Les causes couvertes varient : maladie, accident ou les deux. Il complète les prestations du régime obligatoire avec des indemnités journalières, une rente ou un capital. Le montant et les conditions sont définis au contrat.
Qui paie quoi, de la Sécurité sociale au contrat
| Arrêt de travail | Invalidité | Décès | |
|---|---|---|---|
| Sécurité sociale | La moitié du salaire journalier, plafonnée à 42,97 € bruts par jour | 30 % ou 50 % du salaire moyen, 2 002,50 € par mois au maximum | 4 009 € pour un salarié |
| Employeur, en vertu du Code du travail | Un complément de salaire de 60 à 180 jours, après un an d'ancienneté | Aucun versement | Aucun versement |
| Contrat de prévoyance, collectif ou individuel | Des indemnités au-delà de ce complément | Une rente | Un capital, une rente pour le conjoint ou les enfants |
Seule la troisième ligne dépend d'un contrat : c'est elle que l'on appelle prévoyance complémentaire.
En arrêt de travail, ce que paie la Sécurité sociale et ce qui manque
Les indemnités journalières d'un salarié
Après 3 jours de carence, la Sécurité sociale verse 50 % du salaire journalier de base. Le salaire mensuel retenu est plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € pour un arrêt prescrit depuis juillet 2026. L'indemnité maximale est donc de 42,97 € bruts par jour, même avec un salaire plus élevé. Le régime général prévoit au maximum 360 indemnités sur 3 ans. Une ALD exonérante peut permettre un versement sur 3 ans ; les ALD non exonérantes relèvent de règles spécifiques depuis le 15 octobre 2026.
Le complément de l'employeur, limité dans le temps
Un salarié présent depuis au moins un an reçoit en plus un complément de son employeur, prévu par le Code du travail. Ce complément démarre au 8e jour d'arrêt. Il porte le revenu à 90 % du salaire brut, puis à 66,66 %, indemnités de la Sécurité sociale comprises. Sa durée suit l'ancienneté : 60 jours en tout entre 1 et 5 ans, 20 jours de plus par tranche de 5 ans, et 180 jours à partir de 31 ans. Une convention collective peut prévoir mieux.
Exemple : un salarié payé 3 500 € brut, arrêté quatre mois
Prenons un salarié payé 3 500 € brut par mois, avec 3 ans d'ancienneté, en arrêt maladie pendant 120 jours. Sa convention collective reprend les règles légales, sans les améliorer.
| Période de l'arrêt | Qui paie | Revenu brut du salarié |
|---|---|---|
| Jours 1 à 3 | Personne | 0 € |
| Jours 4 à 7 | Sécurité sociale | 42,97 € par jour |
| Jours 8 à 37 | Sécurité sociale et employeur | 90 % du salaire, l'équivalent de 3 150 € par mois |
| Jours 38 à 67 | Sécurité sociale et employeur | 66,66 % du salaire, l'équivalent de 2 333,10 € par mois |
| Jours 68 à 120 | Sécurité sociale seule | 42,97 € par jour, soit 1 289,10 € sur 30 jours |
À partir du 68e jour, son revenu baisse de 2 210,90 € bruts par mois par rapport au salaire habituel. Une garantie incapacité de travail peut compenser une partie de cette perte et, selon le contrat, couvrir certains jours non indemnisés au début de l'arrêt.
Pour un artisan ou un commerçant, rien ne s'ajoute
Un artisan ou un commerçant n'a pas d'employeur pour compléter ses revenus. Ses indemnités sont calculées sur la moyenne des revenus cotisés des 3 années précédentes, plafonnée à 48 060 €. Elles peuvent atteindre 65,84 € par jour, soit 1 975,20 € pour 30 jours indemnisés. Une carence de 3 jours s'applique. Hors dispositifs particuliers de longue durée, la limite est de 360 indemnités sur 3 ans.
En invalidité, une pension calculée sur un salaire plafonné
Les trois catégories et leurs montants en 2026
Une pension d'invalidité peut être accordée après une maladie ou un accident non professionnel si la capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins deux tiers et si les conditions d'affiliation sont remplies. Elle est calculée sur les 10 meilleures années de salaire, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Le taux dépend de la catégorie attribuée par la caisse.
| Catégorie | Situation de la personne | Taux | Pension minimale par mois | Pension maximale par mois |
|---|---|---|---|---|
| 1re | Peut encore exercer une activité | 30 % | 338,31 € | 1 201,50 € |
| 2e | Ne peut plus exercer de profession | 50 % | 338,31 € | 2 002,50 € |
| 3e | A aussi besoin d'une tierce personne | 50 % | 338,31 € et la majoration | 2 002,50 € et la majoration |
La majoration pour tierce personne est de 1 298,44 € par mois. Le tableau présente les montants de référence applicables en 2026.
Ce qui reste à couvrir après la pension
Reprenons le salarié payé 3 500 € brut par mois. Si la moyenne de ses 10 meilleures années atteint 42 000 € brut par an, sa pension de 2e catégorie vaut 21 000 € par an, soit 1 750 € par mois. Il perd la moitié de son revenu, et cela jusqu'à sa retraite. Classé en 1re catégorie, il toucherait 1 050 € par mois et devrait trouver le reste dans un emploi compatible avec son état.
Pour une personne qui ne travaille plus, la pension s'arrête à 62 ans et la retraite pour inaptitude lui succède. Entre la mise en invalidité et cet âge, une rente d'invalidité versée par un contrat de prévoyance peut s'ajouter à la pension et réduire l'écart avec l'ancien salaire.
Au décès, un capital forfaitaire versé aux proches
Ce que versent les régimes obligatoires en 2026
| Situation du défunt | Capital décès |
|---|---|
| Salarié, chômeur indemnisé, en arrêt indemnisé ou titulaire d'une pension d'invalidité dans les 3 mois avant le décès | 4 009 € |
| Artisan ou commerçant qui travaillait encore | 9 612 €, et 2 403 € pour chaque enfant à charge |
| Agent titulaire de l'État encore en poste | Un an de salaire brut, avec un plancher de 16 036 € |
| Salarié du privé déjà à la retraite | Aucun capital |
Le capital décès du régime des salariés est de 4 009 € depuis le 1er avril 2026. Il doit être demandé par les proches, au plus tard dans les 2 ans suivant le décès : le versement n'est pas automatique.
Ce qu'un contrat complémentaire peut ajouter
Pour un salarié payé 3 500 € brut par mois, le capital de 4 009 € représente à peine plus d'un mois de salaire. Une prévoyance peut ajouter un capital fixe ou calculé en pourcentage du salaire de référence. Elle peut aussi prévoir une rente pour le conjoint, temporaire ou viagère, et une rente éducation pour les enfants à charge, jusqu'à l'âge fixé au contrat.
Prévoyance complémentaire ou complémentaire santé : quelle différence ?
L'une rembourse des soins, l'autre verse de quoi vivre
La complémentaire santé, ou mutuelle, rembourse les dépenses médicales selon les garanties et les frais engagés. La prévoyance verse plutôt des indemnités en cas de perte de revenus ou un capital aux proches après un décès. Les deux protections répondent à des besoins différents.
Une mutuelle sans garantie de prévoyance ne compense pas la perte de salaire pendant un arrêt. Inversement, une prévoyance ne rembourse pas les consultations médicales.
L'exemple d'une hospitalisation de dix jours
La complémentaire santé règle une partie de la facture du séjour, selon ses garanties. Une indemnité journalière d'hospitalisation, qui relève de la prévoyance, verse une somme fixée d'avance pour chaque jour passé à l'hôpital, quel que soit le montant de la facture. Avec une indemnité choisie de 50 € par jour, dix jours donnent 500 €.
Contrat d'entreprise ou contrat individuel ?
Vérifier ce que prévoit déjà votre employeur
Dans le privé, l'employeur doit proposer une complémentaire santé et en financer au moins 50 %. Pour la prévoyance, il n'existe pas d'obligation générale pour tous les salariés. Les cadres bénéficient toutefois d'une cotisation patronale minimale de 1,50 % de la tranche A, affectée en priorité au décès. Une convention collective peut aussi imposer un régime. Demandez la notice à votre employeur, puis vérifiez le revenu maintenu pendant un arrêt, le délai avant indemnisation, la rente d'invalidité et le capital décès.
Après votre départ, la portabilité peut maintenir gratuitement les garanties si vous remplissez les conditions, notamment l'ouverture de droits au chômage et l'absence de faute lourde. Elle est limitée à la durée du dernier emploi, arrondie au mois supérieur, et à 12 mois au maximum.
Quand un contrat individuel a du sens
Un contrat individuel se signe soi-même, auprès de l'assureur de son choix, et reste en place si vous changez d'employeur. Il concerne les personnes qui n'ont aucun contrat collectif : indépendants, salariés d'une entreprise qui n'en a pas mis en place, personnes sans emploi, retraités. Il sert aussi au salarié couvert qui veut renforcer un point faible de son contrat d'entreprise, comme un capital décès trop bas pour sa famille.
Un contrat individuel comporte souvent un questionnaire de santé. Selon les réponses, l'assureur peut appliquer une surprime, exclure un risque ou refuser l'adhésion. Dans un régime collectif obligatoire, les règles d'acceptation sont différentes et aucun questionnaire individuel n'est généralement demandé.
Le cas des agents de l'État
Les employeurs de l'État déploient progressivement une prévoyance collective depuis 2025. Elle couvre l'incapacité, l'invalidité non professionnelle et le décès, avec une aide de 7 € par mois. L'adhésion est facultative, sauf accord prévoyant le contraire. Pendant les 6 mois suivant la mise en place du contrat ou le recrutement, elle se fait en principe sans condition d'âge ni de santé ; des règles particulières concernent les agents déjà en arrêt. Après ce délai, un questionnaire peut influencer le tarif. En congé de longue maladie, le socle complète la rémunération jusqu'à 100 % la première année puis 80 % les deux suivantes.
Ce que les contrats de notre comparateur ajoutent à la Sécurité sociale
Une somme fixe par journée d'hospitalisation
L'indemnité journalière d'hospitalisation monte, selon la formule, à 200 € par jour, et elle est versée 365 jours au maximum. Son montant est fixé d'avance, sans rapport avec vos frais. Sur les formules en cas d'accident, le versement commence quand l'hospitalisation dure au moins 24 heures d'affilée ; chaque jour est alors indemnisé depuis l'entrée. Une formule prend aussi en charge l'hospitalisation pour maladie, à partir de 48 heures, et pour maternité, après 10 mois d'adhésion ; l'indemnité y est doublée quand le séjour fait suite à un accident.
L'indemnité d'hospitalisation couvre uniquement les jours passés à l'hôpital. Avec une garantie de 150 € par jour, un salarié arrêté quatre mois, dont 12 jours hospitalisés après une chute, reçoit 1 800 €. Sa convalescence à domicile n'est pas indemnisée. Les séjours en rééducation sont exclus, tout comme l'hospitalisation de jour sur les formules accident.
Un capital après un accident mortel ou une perte d'autonomie totale
Ces contrats versent un capital aux personnes que vous désignez si le décès survient au plus tard 12 mois après l'accident. Le plafond du capital dépend de la formule : 150 000 € pour l'une, 100 000 € pour les autres, avec des paliers entre deux. Votre conjoint peut être assuré pour un autre montant que vous. Si l'accident vous rend complètement et définitivement dépendant d'une tierce personne, ce qui correspond sur la plupart des formules à un classement en 3e catégorie d'invalidité ou à une majoration pour tierce personne, vous touchez vous-même ce capital, une seule fois.
Pour cette perte d'autonomie, la couverture cesse l'année de vos 65 ans. Elle ne joue pas non plus quand la consolidation, date à partir de laquelle les séquelles sont stables, intervient après l'âge d'ouverture de vos droits à la retraite. Pour le décès, la couverture va jusqu'à l'année des 80 ans.
Adhésion et tarif
Vous n'avez aucun questionnaire de santé à remplir, même pour le capital le plus élevé, et votre état de santé ne pèse pas sur le tarif. L'adhésion est ouverte à partir de 18 ans. Vous pouvez adhérer jusqu'à 75 ans au capital décès accidentel, et jusqu'à 80 ans aux formules d'hospitalisation en cas d'accident. Selon la formule, comptez au moins 2,48 € par mois pour l'indemnité d'hospitalisation ; le capital démarre à 3,36 € mensuels. Ces contrats sont collectifs, mais chacun y adhère librement, en rejoignant une association d'assurés. Sans sinistre, aucune cotisation n'est restituée : ce n'est pas une épargne.