Quelles sont les maladies reconnues par la MDPH ?
Les maladies invalidantes sont un vrai handicap au quotidien, dans la vie professionnelle comme personnelle. Pour améliorer leurs conditions de vie, les personnes qui souffrent d’une maladie invalidante peuvent bénéficier d’un parcours de soins spécifique et des aides de l’État. À condition que l’invalidité soit reconnue par la MDPH. Voici une liste de maladies connues pour invalidité qui permettent d’obtenir une reconnaissance de sa situation de handicap.
Les maladies invalidantes sont des pathologies chroniques ou évolutives qui limitent durablement l’autonomie ou la capacité à travailler. Elles sont prises en compte par trois organismes différents selon le type de droit demandé : l’Assurance Maladie (statut ALD pour le remboursement à 100 %), la MDPH (reconnaissance du handicap, AAH, PCH, CMI) et la CPAM (pension d’invalidité). Une même maladie peut ouvrir des droits dans les trois cadres, mais les listes et critères ne sont pas les mêmes. Elles font partie des maladies fréquentes avec l’âge, et sont souvent invisibles.
L’essentiel à retenir
- La MDPH n’a pas de liste fermée de 30 maladies. Elle évalue l’impact réel de la pathologie sur votre autonomie via un taux d’incapacité.
- La liste ALD 30 existe officiellement (article D. 322-1 du Code de la Sécurité sociale), c’est elle qui ouvre la prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.
- L’AAH s’élève à 1 041,59 €/mois depuis le 1ᵉʳ avril 2026 (décret n° 2026-229). Elle concerne 1,37 million de personnes en France.
- La pension d’invalidité CPAM est versée si votre capacité de travail est réduite d’au moins 2/3 (66 %). Son montant va de 338,31 € à 3 290,63 €/mois selon la catégorie.
La liste officielle des 30 affections de longue durée (ALD 30) est fixée par l’article D. 322-1 du Code de la Sécurité sociale. Elle sert de référence à l’Assurance Maladie pour ouvrir le droit à la prise en charge à 100 % des soins liés à la pathologie. Voici les 30 affections classées par appareil :
| Catégorie | Affections concernées (ALD 30) |
|---|---|
| Cardiovasculaire | Accident vasculaire cérébral invalidant ; artériopathies chroniques avec manifestations ischémiques ; insuffisance cardiaque grave, troubles du rythme graves, cardiopathies valvulaires et congénitales graves ; maladie coronaire (infarctus du myocarde). |
| Neurologique et psychiatrique | Maladie d’Alzheimer et autres démences ; maladie de Parkinson ; sclérose en plaques ; épilepsie grave ; formes graves des affections neurologiques et musculaires (dont myopathie) ; paraplégie ; affections psychiatriques de longue durée (ALD 23 : incluant notamment les troubles dépressifs récurrents, les troubles bipolaires, les schizophrénies et les troubles graves de la personnalité). |
| Respiratoire et infectieuse | Insuffisance respiratoire chronique grave (dont asthme grave) ; tuberculose active, lèpre ; déficit immunitaire primitif grave ; infection par le VIH ; bilharziose compliquée. |
| Métabolique et endocrinienne | Diabète de type 1 et de type 2 ; maladies métaboliques héréditaires nécessitant un traitement prolongé spécialisé. |
| Auto-immune et rhumatologique | Polyarthrite rhumatoïde évolutive ; spondylarthrite grave ; vascularites, lupus érythémateux systémique, sclérodermie systémique. |
| Digestive et hépatique | Maladies chroniques actives du foie (hépatite B ou C) et cirrhoses ; rectocolite hémorragique et maladie de Crohn évolutives. |
| Hématologique | Hémoglobinopathies, hémolyses chroniques constitutionnelles et acquises sévères ; hémophilies et affections constitutionnelles de l’hémostase graves ; insuffisances médullaires et autres cytopénies chroniques. |
| Rénale et urologique | Néphropathie chronique grave et syndrome néphrotique primitif (insuffisance rénale). |
| Génétique et orthopédique | Mucoviscidose ; scoliose idiopathique structurale évolutive ; suites de transplantation d’organe. |
| Cancers | Tumeurs malignes, affections malignes du tissu lymphatique ou hématopoïétique (cancer du sein, du poumon, colorectal, de la prostate, de la thyroïde, de la peau, des voies aéro-digestives, du col de l’utérus, de la vessie, lymphomes). |
À ces 30 affections listées s’ajoutent les ALD 31 (formes graves ou évolutives d’une maladie hors liste, avec traitement prolongé) et les ALD 32 (polypathologies invalidantes). L’hypertension artérielle sévère figurait initialement dans la liste mais a été retirée par le décret n° 2011-726 du 24 juin 2011. La liste est néanmoins toujours appelée « ALD 30 » par habitude.
Maladie reconnue MDPH, ALD, invalidité CPAM : quel dispositif vous concerne ?
Les trois dispositifs sont souvent confondus. Ils répondent pourtant à des logiques et à des organismes différents :
| Dispositif | Organisme | Ce qu’il ouvre | Critère principal |
|---|---|---|---|
| ALD 30 (Affection longue durée) | Assurance Maladie (CPAM, MSA) | Prise en charge à 100 % des soins liés à l’affection | Pathologie inscrite à l’article D. 322-1 du CSS |
| Reconnaissance MDPH | MDPH + CDAPH (décision) | AAH, PCH, CMI, RQTH, orientation médico-sociale | Taux d’incapacité ≥ 50 %, évalué via le guide-barème |
| Pension d’invalidité | CPAM (médecin-conseil) | Pension d’invalidité (cat. 1, 2 ou 3), ASI | Capacité de travail réduite d’au moins 2/3 (66 %) |
Une même personne peut relever des trois dispositifs en même temps. Par exemple, une personne atteinte de sclérose en plaques peut être en ALD 30 (prise en charge des soins), reconnue par la MDPH avec un taux à 80 % (AAH + CMI invalidité), et placée en invalidité de catégorie 2 par la CPAM (pension mensuelle). Chaque dossier suit un parcours et un calendrier distincts.
En quoi consiste une maladie invalidante ?
Définition du handicap selon la loi
D’après la "Loi Handicap" de 2005, le handicap se définit comme tel : "Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle, durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant."
La différence entre handicap et invalidité
Si le handicap touche tous les aspects de la vie d’une personne, l’invalidité concerne principalement le domaine professionnel.
Ainsi, pour être reconnue comme personne invalide en situation de handicap, il faut justifier d’une perte ou d’une réduction de sa capacité de travail et donc de ses revenus professionnels. Cette perte d’activité est la conséquence d’un accident (non professionnel) ou d’une maladie invalidante. Elle peut être temporaire ou définitive, partielle ou totale et fait souvent suite à un arrêt de travail de longue durée.
L’invalidité, qui concerne la perte de capacité à travailler, relève de la Caisse primaire d’Assurance maladie (CPAM) : c’est elle qui ouvre vos droits à la pension d’invalidité et à l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI). La reconnaissance du handicap, qui concerne tous les aspects de la vie (autonomie, scolarité, emploi adapté, déplacements), relève quant à elle de la MDPH : c’est elle qui ouvre les droits à l’AAH, à la PCH, à la CMI et à la RQTH. Vous pouvez tout à fait cumuler une pension d’invalidité CPAM et des aides MDPH si votre situation y ouvre droit.
Taux d’incapacité de la personne
Pour bénéficier d’une pension d’invalidité, vous devez être déclaré invalide par la Sécurité sociale. C’est le médecin-conseil de la CPAM qui jugera de votre situation d’invalidité. Si votre état est validé, vous serez classé dans l’une de ces trois catégories :
- Invalidité de catégorie 1 : la personne est capable de travailler, mais à des horaires réduits en raison d’une forte diminution de ses capacités ;
- Invalidité de catégorie 2 : la personne n’est plus en capacité de travailler, mais conserve un minimum d’autonomie ;
- Invalidité de catégorie 3 : la personne n’est plus en capacité de travailler et a besoin de l’aide d’une tierce personne dans sa vie quotidienne.
Le montant de la pension d’invalidité varie en fonction de votre catégorie et son versement prend fin lorsque vous atteignez l’âge légal de la retraite (il bascule alors automatiquement en retraite pour inaptitude, au taux plein de 50 %). La pension d’invalidité est indépendante du statut ALD : si votre pathologie figure sur la liste ALD 30, vous bénéficiez en plus d’une prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie, mais uniquement sur les soins en lien direct avec l’affection. Les dépassements d’honoraires, le forfait hospitalier, la franchise médicale et les soins non liés à l’ALD restent à votre charge. C’est sur ce reste à charge qu’intervient une mutuelle santé adaptée.
Comment obtenir l’Allocation aux Adultes Handicapés auprès de la MDPH ?
Pour bénéficier de l’Allocation aux Adultes Handicapés, mais aussi de la carte mobilité inclusion (CMI), d’un accompagnement adapté au handicap ou de la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH), vous devez déposer un dossier auprès de la MDPH. Aucun statut ALD préalable n’est requis : la reconnaissance MDPH et l’ALD relèvent de deux dispositifs indépendants. C’est la CDAPH qui évalue votre situation à partir de votre dossier (formulaire Cerfa 15692) et du certificat médical rempli par votre médecin (Cerfa 15695).
Évaluation du patient par la MDPH
En premier lieu, c’est une équipe pluridisciplinaire de la MDPH, composée de médecins, infirmiers, psychologues, etc., qui est chargée d’évaluer le taux d’incapacité du demandeur.
L’équipe pluridisciplinaire s’appuie sur le guide-barème national (annexe 2-4 du Code de l’action sociale et des familles) pour fixer un taux d’incapacité, exprimé en pourcentage et regroupé en trois paliers :
- Moins de 50 % : gêne pour les actes de la vie courante sans entrave majeure à l’autonomie. N’ouvre généralement pas droit à l’AAH ;
- Entre 50 % et 79 % : gêne notable dans la vie sociale et professionnelle. Ouvre droit à l’AAH uniquement si une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi (RSDAE) est reconnue par la CDAPH ;
- 80 % et plus : entrave majeure à l’autonomie quotidienne. Ouvre l’AAH de plein droit, ainsi que la possibilité d’obtenir la CMI mention invalidité.
Une fois le taux d’incapacité établi, la MDPH transmet le dossier du patient à la CDAPH.
Validation du handicap par la CDAPH
C’est la Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) qui valide l’évaluation et décide de l’attribution des droits et prestations.
Cette commission est composée de représentants :
- Du Conseil départemental, dont un membre du conseil départemental consultatif des personnes handicapées ;
- Des organismes de protection sociale (CAF, CPAM…) ;
- Des organisations syndicales ;
- Des services et des établissements publics de l’État ;
- Des associations de parents d’élèves et, pour au moins 1/3 de ses membres, des représentants des personnes handicapées désignés par les associations représentatives.
Conditions d’attributions
Les critères d’attribution de l’AAH reposent sur l’évaluation du handicap effectuée par la MDPH.
- Ainsi, pour un taux d’incapacité situé entre 50 et 79 %, l’AAH est accordée pour une durée de 1 à 2 ans. Une prolongation jusqu’à 5 ans est possible si la maladie n’évolue pas positivement ;
- Pour un taux de 80 % et plus avec incapacité non permanente, l’AAH est attribuée de 1 à 10 ans.
- Pour un taux au moins égal à 80 % avec incapacité permanente, l’AAH est accordée à vie.
D’autres conditions d’attribution entrent aussi en ligne de compte :
- Le demandeur doit avoir au moins 20 ans (ou 16 ans, s’il n’est plus à la charge de ses parents) ;
- Être de nationalité française et vivre en France, ou de nationalité étrangère et résider en France depuis plus de 3 mois en situation régulière ;
- Les ressources ne doivent pas dépasser un plafond annuel fixé par la CAF (en 2026 : 12 499 € pour une personne seule sans enfant, 22 623 € pour un couple, avec majoration par enfant à charge). Le calcul s’appuie sur vos revenus N-2 (avis d’imposition) ou sur une déclaration trimestrielle si vous exercez une activité en milieu ordinaire, avec des abattements possibles sur les revenus du travail. Depuis la déconjugalisation du 1ᵉʳ octobre 2023, les revenus du conjoint, partenaire de PACS ou concubin ne sont plus pris en compte si la déconjugalisation est plus avantageuse pour vous (application automatique par la CAF ou la MSA).
Le délai légal de traitement d’un dossier MDPH est de 4 mois à compter du dépôt complet. En pratique, les délais sont souvent supérieurs et peuvent atteindre 6 à 12 mois selon les départements. En cas de refus de la CDAPH, vous disposez de 2 mois pour engager un Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO) auprès de la MDPH. Si le refus est confirmé, un recours contentieux est possible devant le pôle social du tribunal judiciaire.
RQTH, CMI, PCH : les autres droits liés à la reconnaissance MDPH
L’AAH est l’aide la plus connue, mais la reconnaissance MDPH ouvre d’autres droits, souvent cumulables.
La Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH)
La RQTH permet de bénéficier d’aménagements du poste de travail, d’un accès prioritaire à l’emploi en entreprise adaptée ou en ESAT, et d’une obligation d’emploi pour les entreprises de plus de 20 salariés (loi du 11 février 2005). Elle est accordée par la CDAPH pour 1 à 5 ans, parfois sans limitation de durée si le handicap est stable. Aucune liste de maladies n’ouvre automatiquement la RQTH : c’est l’impact sur la capacité à travailler qui est évalué.
La Carte Mobilité Inclusion (CMI)
La CMI remplace depuis 2017 l’ancienne carte d’invalidité. Elle existe en trois mentions :
- CMI invalidité : taux d’incapacité ≥ 80 % ou pension d’invalidité catégorie 3 donne droit à des avantages fiscaux, une demi-part supplémentaire, des réductions tarifaires ;
- CMI priorité : taux 50-79 % avec difficultés à station debout permet l’accès prioritaire aux files d’attente et aux places assises ;
- CMI stationnement : difficultés importantes à se déplacer à pied donne accès aux places de stationnement réservées.
La Prestation de Compensation du Handicap (PCH)
La PCH finance les aides humaines (auxiliaire de vie, aidant familial dédommagé), les aides techniques (fauteuil, équipement adapté), les aménagements du logement ou du véhicule. Elle n’est pas soumise à des plafonds de ressources (sauf pour le taux de prise en charge) et est accordée pour 1 à 10 ans selon la situation.
Montants 2026 : AAH, pension d’invalidité et aides associées
Montant de l’AAH au 1ᵉʳ avril 2026
Le décret n° 2026-229 du 30 mars 2026 a porté le montant maximal de l’AAH à 1 041,59 €/mois pour une personne sans aucune autre ressource (montant identique au plafond mensuel de ressources). En métropole comme dans les DROM hors Mayotte, ce montant est versé par la CAF ou la MSA selon le régime. À Mayotte, le montant est de 518,73 €/mois.
Si vous percevez d’autres revenus, l’AAH est calculée selon la formule : AAH versée = 1 041,59 € − vos ressources personnelles mensuelles. Depuis le 1ᵉʳ octobre 2023, seuls vos revenus sont pris en compte (déconjugalisation).
Pension d’invalidité CPAM : montants 2026 par catégorie
La pension d’invalidité est calculée sur la base du salaire annuel moyen de vos 10 meilleures années, plafonné au plafond annuel de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026, soit 4 005 €/mois).
| Catégorie | Définition | % du salaire moyen | Minimum / mois | Maximum / mois |
|---|---|---|---|---|
| Catégorie 1 | Activité professionnelle réduite possible | 30 % | 338,31 € | 1 201,50 € |
| Catégorie 2 | Plus en capacité d’exercer une activité | 50 % | 338,31 € | 2 002,50 € |
| Catégorie 3 | Besoin d’une tierce personne au quotidien | 50 % + MTP | 1 626,44 € | 3 290,63 € |
La majoration pour tierce personne (MTP) versée en catégorie 3 s’élève à environ 1 218 €/mois en 2026 et n’est pas automatique : elle doit être demandée à la CPAM avec un certificat médical attestant le besoin d’aide constante.
Aides complémentaires
Si vos ressources restent faibles malgré la pension d’invalidité, l’Allocation supplémentaire d’invalidité (ASI) peut compléter vos revenus jusqu’à 922,16 €/mois pour une personne seule ou 1 613,80 €/mois en couple (plafonds Ameli au 1ᵉʳ avril 2026). À 62 ans, l’ASI laisse place à l’Aspa (allocation de solidarité aux personnes âgées).
Maladie chronique reconnue : pourquoi une mutuelle santé reste utile
Une idée reçue veut que la reconnaissance d’une ALD 30 dispense de mutuelle : c’est faux. La prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie ne couvre que les soins en lien direct avec l’affection, et uniquement sur la base de remboursement de la Sécurité sociale. Trois postes restent à la charge du patient :
- Dépassements d’honoraires chez les médecins spécialistes de secteur 2, fréquents en oncologie, neurologie ou cardiologie ;
- Forfait hospitalier (20 €/jour en 2026) à régler pour chaque journée d’hospitalisation ;
- Soins non liés à l’ALD : optique, dentaire, audioprothèses, médicaments pour des affections différentes remboursés aux taux habituels de la Sécurité sociale, soit 60 à 70 % d’une base souvent inférieure aux tarifs réels.
Pour une personne en ALD, une mutuelle adaptée prend en charge ces postes et lisse le reste à charge, particulièrement lourd en cas de pathologie évolutive. C’est précisément le rôle d’un courtier en mutuelle : trouver un contrat dont les garanties hospitalisation, soins courants et dépassements d’honoraires couvrent les besoins liés à votre situation.
FAQ : vos questions sur les maladies reconnues par la MDPH
Existe-t-il une liste officielle des 30 maladies reconnues par la MDPH ?
Non. La MDPH n’utilise pas de liste fermée de pathologies : elle évalue l’impact concret de chaque maladie sur l’autonomie de la personne, via le guide-barème national. La confusion vient souvent avec la liste ALD 30 de l’Assurance Maladie, qui comprend bien 30 affections fixées par décret (article D. 322-1 du Code de la Sécurité sociale), mais qui sert uniquement à ouvrir la prise en charge à 100 % des soins, pas à la reconnaissance du handicap.
Quelles sont les maladies les plus fréquemment reconnues par la MDPH ?
Aucune statistique nationale officielle ne publie de classement des pathologies les plus reconnues par les MDPH. À titre indicatif, certaines pathologies reviennent fréquemment dans les retours d’expérience des associations et des juristes spécialisés en raison de leur caractère invalidant : sclérose en plaques, maladie de Parkinson, maladie d’Alzheimer, autisme, troubles bipolaires, schizophrénie, dépression sévère, polyarthrite rhumatoïde, fibromyalgie, syndrome de Down, dystrophie musculaire. Cette liste reste illustrative la CDAPH évalue toujours l’impact sur la vie quotidienne, pas le diagnostic seul.
Quel est le montant de l’AAH en 2026 ?
Depuis le 1ᵉʳ avril 2026, l’AAH s’élève à 1 041,59 €/mois maximum pour une personne sans autres ressources (décret n° 2026-229 du 30 mars 2026). Ce montant est versé par la CAF ou la MSA. Pour les bénéficiaires en couple, depuis la déconjugalisation du 1ᵉʳ octobre 2023, les revenus du conjoint ne sont plus pris en compte si la déconjugalisation est plus avantageuse.
Quelle est la différence entre une ALD et une reconnaissance MDPH ?
L’ALD (Affection Longue Durée) est attribuée par l’Assurance Maladie pour ouvrir la prise en charge à 100 % des soins liés à la pathologie. La reconnaissance MDPH évalue l’impact du handicap dans tous les aspects de la vie (autonomie, emploi, déplacements) et ouvre les droits à l’AAH, la PCH, la CMI, la RQTH. Les deux dispositifs sont indépendants : être en ALD ne garantit pas l’obtention d’une aide MDPH, et inversement. Ils peuvent se cumuler.
La dépression peut-elle ouvrir droit à l’AAH ?
Oui, à condition qu’elle soit reconnue par la CDAPH comme suffisamment invalidante pour justifier un taux d’incapacité d’au moins 50 %. Pour un taux entre 50 et 79 %, l’AAH est conditionnée à la reconnaissance d’une restriction substantielle et durable d’accès à l’emploi (RSDAE). Pour un taux ≥ 80 %, l’AAH est accordée de plein droit. Chaque dossier est examiné individuellement, sur la base du certificat médical (Cerfa 15695) et du projet de vie.
L’insuffisance surrénalienne est-elle reconnue comme invalidité ?
L’insuffisance surrénalienne chronique peut entrer dans le champ des ALD 31 (forme grave d’une maladie hors liste ALD 30) ouvrant la prise en charge à 100 % par l’Assurance Maladie. Pour la pension d’invalidité CPAM ou une aide MDPH, l’éligibilité dépend de l’impact réel sur la capacité de travail (perte ≥ 2/3 pour l’invalidité) ou sur l’autonomie quotidienne (taux d’incapacité ≥ 50 % pour la MDPH), évalué cas par cas.
Quel est le délai pour obtenir une réponse de la MDPH ?
Le délai légal de traitement d’un dossier MDPH est de 4 mois à compter du dépôt complet du dossier. En pratique, les délais varient selon les départements et peuvent atteindre 6 à 8 mois dans certaines MDPH. En cas d’absence de réponse au-delà de 4 mois, le silence vaut rejet : vous pouvez alors engager un Recours Administratif Préalable Obligatoire (RAPO).
Comment faire reconnaître une maladie invalidante ?
La démarche se fait auprès de la MDPH de votre département, à partir du formulaire Cerfa 15692 (demande MDPH) et du Cerfa 15695 (certificat médical, rédigé par votre médecin). Vous joignez votre projet de vie (description de vos limitations et besoins), des bilans médicaux récents et tout document utile (rapports d’ergothérapeute, bulletins de salaire, etc.). Le dépôt peut se faire en ligne ou par courrier.
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