Vaccin obligatoire ou vaccin recommandé : quelle différence ?
Un vaccin obligatoire doit être fait pour respecter la loi. Un enfant qui entre en crèche, en halte-garderie ou en colonie de vacances doit être à jour de ses 11 vaccinations obligatoires. Une dérogation existe uniquement en cas de contre-indication médicale reconnue par un médecin.
Un vaccin recommandé reste conseillé par les autorités de santé, sans obligation légale. La protection attendue est souvent proche de celle d'un vaccin obligatoire. La différence tient au cadre légal, pas à l'utilité du vaccin.
Quels sont les vaccins obligatoires pour les enfants ?
Depuis 2018, 11 vaccinations sont obligatoires pour tous les enfants nés à partir de cette date, avant l'âge de deux ans. Elles protègent contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, la coqueluche, les infections à Hæmophilus influenzae de type b, l'hépatite B, les infections à pneumocoque, la rougeole, les oreillons et la rubéole.
Depuis janvier 2025, la vaccination contre les méningocoques évolue. Les sérogroupes A, C, W et Y sont désormais couverts par l'obligation, à la place du seul méningocoque C. Le méningocoque B est aussi devenu obligatoire, pour les enfants nés à partir du 1ᵉʳ janvier 2023.
Les premières injections démarrent dès l'âge de 2 mois. Elles se poursuivent à 4 mois, puis à 11 et 12 mois. Des rappels sont ensuite prévus à l'entrée à l'école, puis à l'adolescence.
Quels vaccins sont seulement recommandés ?
Le vaccin contre les papillomavirus humains, ou HPV, est recommandé chez les filles et les garçons entre 11 et 14 ans. Un rattrapage reste possible jusqu'à 19 ans. Il est proposé gratuitement au collège, lors d'une campagne de vaccination scolaire.
Le rappel contre la coqueluche est recommandé chez l'adulte, notamment pendant la grossesse. Il protège le nouveau-né avant que ses propres vaccinations ne commencent.
Le rappel diphtérie-tétanos-poliomyélite est recommandé tous les 10 ans chez l'adulte. Les vaccins liés à un voyage à l'étranger, comme celui contre la fièvre jaune, suivent aussi une logique de recommandation, selon la destination choisie.
La vaccination des seniors : grippe, zona et pneumocoque
Après 65 ans, trois vaccins reviennent régulièrement dans les recommandations : la grippe, le zona et le pneumocoque. Ils protègent contre des infections qui deviennent plus fréquentes, et parfois plus graves, avec l'âge.
Le vaccin contre la grippe après 65 ans
La vaccination contre la grippe est recommandée chaque année, à l'automne, pour toutes les personnes de 65 ans et plus. Elle concerne aussi les personnes atteintes d'une maladie chronique, les femmes enceintes et l'entourage des nourrissons les plus fragiles.
Chaque année, entre septembre et octobre, l'Assurance Maladie envoie une invitation aux personnes concernées, avec un bon de prise en charge. Ce bon permet de récupérer le vaccin gratuitement en pharmacie, sans avance de frais. La vaccination peut ensuite être réalisée sur place, par le pharmacien, un médecin ou un infirmier.
Les vaccins zona et pneumocoque, à partir de quel âge ?
Le vaccin contre le zona est recommandé depuis 2024 pour toutes les personnes de 65 ans et plus. Il s'administre en deux injections, espacées de deux mois.
Le vaccin contre le pneumocoque est recommandé en une seule injection, également à partir de 65 ans. Il protège contre des infections comme la pneumonie ou la méningite à pneumocoque.
Ces deux vaccins concernent aussi certains adultes plus jeunes. Une maladie chronique ou un déficit immunitaire peut justifier une vaccination plus précoce.
Combien la Sécurité sociale rembourse-t-elle un vaccin ?
Comme pour un médicament, le remboursement d'un vaccin dépend d'un tarif de référence, la base de remboursement. La Sécurité sociale applique ensuite un taux à ce tarif, et ce taux varie selon le vaccin et selon la situation de la personne vaccinée.
| Vaccin | Remboursement Sécurité sociale | Population concernée |
|---|---|---|
| ROR (rougeole, oreillons, rubéole) | 100 % | Jusqu'à 17 ans |
| Grippe saisonnière | 100 % | 65 ans et plus, malades chroniques, femmes enceintes |
| Covid-19 | 100 % | À partir de 5 ans |
| HPV et méningocoques ACWY | 100 % | Vaccination scolaire au collège |
| Vaccins obligatoires du nourrisson et autres vaccins recommandés (zona, pneumocoque, HPV hors vaccination scolaire…) | 65 % | Selon l'âge et les recommandations |
| Vaccins exigés pour certains voyages (fièvre jaune hors Guyane, choléra) | Non remboursés | — |
L'acte de vaccination, c'est-à-dire l'injection elle-même, suit ses propres règles. Réalisée par un médecin, une sage-femme ou un pharmacien, elle est remboursée à 70 %. Réalisée par un infirmier sur prescription, elle est remboursée à 60 %. Ce taux peut monter à 100 % lors d'une vaccination scolaire, ou pour certaines affections de longue durée.
Prenons l'exemple du vaccin contre le zona. Une dose coûte 188,37 €, un tarif fixé par arrêté. Le schéma complet nécessite deux doses, soit 376,74 € au total. La Sécurité sociale rembourse 65 % de ce montant, soit environ 245 €. Il reste donc environ 132 € à votre charge, ce que l'on appelle le ticket modérateur. À cela s'ajoute le forfait de l'injection, facturé 7,50 € en pharmacie.
Que rembourse la complémentaire santé sur les vaccins ?
Un vaccin acheté en pharmacie est un médicament remboursé par la Sécurité sociale, dès lors qu'il figure sur la liste des vaccins pris en charge. Sur les formules qui couvrent les soins courants, la pharmacie remboursée par la Sécurité sociale est complétée jusqu'à 100 % de la base de remboursement. Concrètement, cela couvre le ticket modérateur restant, comme dans l'exemple du vaccin contre le zona.
Une franchise de 1 € par boîte reste malgré tout à votre charge, comme pour tout médicament remboursé. Elle est retenue automatiquement sur le remboursement de la Sécurité sociale, dans la limite de 50 € par an pour l'ensemble des franchises médicales. Cette franchise ne peut jamais être remboursée par une complémentaire santé, quelle que soit la formule choisie.
Pour un vaccin non remboursé par la Sécurité sociale, par exemple un vaccin exigé avant un voyage, certaines de nos formules incluent un forfait dédié à la pharmacie non remboursée. Ce forfait atteint 30 € par an sur les formules qui le prévoient, et jusqu'à 40 € par an avec le bonus fidélité, à partir de la deuxième année de contrat.
L'injection réalisée en consultation chez un médecin généraliste est remboursée comme n'importe quelle consultation. Sur nos formules les plus complètes, ce remboursement peut atteindre 300 % de la base de remboursement, pour un médecin ayant adhéré à l'OPTAM, l'option de pratique tarifaire maîtrisée. Si l'injection est réalisée par un infirmier, le remboursement suit les mêmes règles que les autres actes d'auxiliaires médicaux, jusqu'à 150 % de la base de remboursement sur les formules haut de gamme.
Aucun délai de carence ne s'applique sur la majorité de nos formules pour ce type de remboursement de pharmacie ou de consultation.