Qu'est-ce qu'un trouble urinaire pelvien ?
Le périnée est l'ensemble des muscles situés entre le pubis et le coccyx. Il soutient la vessie, l'utérus et le rectum. Quand ces muscles se relâchent ou s'affaiblissent, plusieurs troubles peuvent apparaître : des fuites d'urine, une envie fréquente et urgente d'uriner, une vessie qui ne se vide jamais tout à fait, ou une sensation de pesanteur liée à la descente d'un organe.
Les différents types d'incontinence urinaire
L'incontinence urinaire correspond à une fuite d'urine involontaire. Elle prend plusieurs formes.
- L'incontinence d'effort survient lors d'un effort physique, d'une toux ou d'un éternuement, quand la pression sur la vessie dépasse la résistance du périnée.
- L'incontinence par urgenturie se manifeste par un besoin pressant et difficile à contrôler, parfois suivi d'une fuite avant d'atteindre les toilettes.
- L'incontinence mixte associe les deux mécanismes précédents.
- L'incontinence par regorgement survient quand la vessie ne se vide jamais complètement et se remplit en permanence, ce qui provoque de petites fuites continues.
Chez l'homme, l'incontinence apparaît le plus souvent après une opération de la prostate. Chez la femme, elle est plus fréquente après un accouchement ou à la ménopause.
Le prolapsus et les troubles de la statique pelvienne
Le prolapsus est la descente d'un organe pelvien, la vessie, l'utérus ou le rectum, vers le vagin, parce que les tissus qui le soutiennent se relâchent. Il touche entre 11 % et 19 % des femmes à un moment de leur vie.
Il se traduit souvent par une sensation de pesanteur ou de boule dans le vagin, plus marquée en fin de journée ou après une position debout prolongée. Ce trouble reste rarement douloureux, mais il peut gêner la miction, les rapports ou la pratique du sport.
Quelles sont les causes de ces troubles ?
Plusieurs facteurs peuvent fragiliser le périnée et favoriser un trouble urinaire pelvien.
La grossesse et l'accouchement représentent la cause la plus fréquente chez la femme. Le poids du bébé, la durée de l'expulsion et les éventuelles lésions périnéales pendant l'accouchement étirent et affaiblissent les muscles du périnée.
L'avancée en âge et la ménopause jouent aussi un rôle. La baisse des œstrogènes fragilise les tissus qui soutiennent les organes pelviens.
Le surpoids, une toux chronique, une constipation installée depuis longtemps ou des efforts physiques répétés augmentent la pression sur le périnée. Certains sports à fort impact, comme la course à pied intensive, le trampoline ou l'équitation, peuvent avoir le même effet. À l'inverse, un mode de vie très sédentaire n'aide pas non plus les muscles du périnée à rester toniques.
Chez l'homme, la chirurgie de la prostate reste la cause la plus courante d'incontinence urinaire.
Une part génétique existe également. Certaines personnes ont des tissus naturellement plus souples, ce qui augmente le risque de prolapsus, indépendamment de leurs antécédents.
Quand consulter et quels examens sont réalisés ?
Une fuite d'urine qui se répète, une envie pressante fréquente ou une sensation de pesanteur dans le vagin justifient une consultation, même si le trouble semble léger. Il n'est pas nécessaire d'attendre que la gêne devienne importante : plus la prise en charge démarre tôt, plus la rééducation donne de bons résultats.
Le médecin généraliste reste souvent le premier interlocuteur. Il peut orienter vers un gynécologue, un urologue ou une sage-femme selon la situation.
La consultation commence par un échange précis sur les circonstances des fuites, leur fréquence et leur impact au quotidien. Le professionnel de santé réalise ensuite un examen clinique, parfois complété par un calendrier mictionnel : pendant plusieurs jours, vous notez vous-même vos passages aux toilettes et vos éventuelles fuites.
Dans les cas plus complexes, un bilan urodynamique peut être demandé. Cet examen mesure les pressions et les volumes dans la vessie pendant qu'elle se remplit puis se vide, pour comprendre précisément l'origine du trouble. Une échographie ou une analyse d'urine complètent parfois ce bilan.
La rééducation périnéale, un traitement de première intention
Face à un trouble urinaire pelvien, la rééducation périnéale est presque toujours proposée avant d'envisager un médicament ou une opération. Elle vise à renforcer les muscles du périnée pour mieux soutenir la vessie et les autres organes pelviens.
Les séances sont réalisées par un masseur-kinésithérapeute ou une sage-femme, sur prescription médicale. Elles associent plusieurs techniques : des exercices de contraction volontaire du périnée, le biofeedback, qui permet de visualiser sur un écran l'intensité de la contraction, et parfois l'électrostimulation, qui fait travailler les muscles à l'aide d'un léger courant électrique.
Après un accouchement, le tonus du périnée est évalué lors de la consultation postnatale. Si un relâchement est constaté, la rééducation est prescrite, même en l'absence de symptôme visible. En dehors de ce contexte, elle est indiquée dès qu'une gêne urinaire apparaît, quel que soit l'âge.
Quelles solutions quand la rééducation ne suffit pas ?
Les traitements médicamenteux et les injections
Quand la rééducation seule ne réduit pas suffisamment les symptômes, un médecin peut prescrire un traitement médicamenteux, notamment en cas d'incontinence par urgenturie liée à une vessie hyperactive. Des injections de toxine botulique dans la paroi de la vessie, ou une neuromodulation qui stimule les nerfs impliqués dans le contrôle urinaire, peuvent aussi être proposées dans les formes plus résistantes.
Les solutions chirurgicales et les dispositifs
Pour l'incontinence d'effort, une bandelette placée chirurgicalement sous l'urètre permet de soutenir le canal urinaire. Pour le prolapsus, une opération restaure la position des organes descendus, le plus souvent par voie coelioscopique.
Un pessaire peut aussi être proposé comme alternative à la chirurgie. Il s'agit d'un dispositif inséré dans le vagin pour soutenir les organes, particulièrement utile chez les personnes âgées ou chez celles qui ne souhaitent pas être opérées.
Ces solutions restent réservées aux formes qui résistent à la rééducation et aux traitements plus simples. Elles sont toujours discutées avec un spécialiste.
Quelle prise en charge pour les séances et les protections urinaires ?
Ce que rembourse la Sécurité sociale
Après un accouchement, les séances de rééducation périnéale prescrites lors du suivi postnatal sont remboursées à 100 % de leur base de remboursement par l'Assurance maladie, dans les 3 ans qui suivent la naissance. Le nombre de séances prises en charge dépend de ce que le professionnel de santé juge nécessaire.
En dehors de ce contexte, une séance de rééducation périnéale suit la règle habituelle des actes de kinésithérapie : elle est remboursée à 60 % de sa base de remboursement, comme toute séance de rééducation sur prescription médicale.
Chaque séance donne lieu à une franchise médicale de 1 €, retenue sur le remboursement. Cette franchise est limitée à 4 € par jour pour un même professionnel, et à 50 € par an pour l'ensemble des franchises médicales cumulées sur l'année.
Les protections urinaires, couches, changes complets ou protège-slips absorbants, ne sont, elles, pas remboursées par l'Assurance maladie. Elles sont classées comme des produits de confort, et non comme des dispositifs médicaux. Une aide financière reste parfois possible via la prestation de compensation du handicap, l'allocation personnalisée d'autonomie pour les personnes âgées dépendantes, ou une aide sociale ponctuelle demandée à votre caisse d'assurance maladie ou à votre mairie, sous conditions de ressources.
Ce qu'ajoute une complémentaire santé
Une complémentaire santé prend le relais sur la part que la Sécurité sociale ne couvre pas, dans la limite des garanties choisies. Sur les séances de rééducation périnéale réalisées en dehors du cadre postnatal, nos formules remboursent de 100 % à 150 % de la base de remboursement selon le niveau choisi. Ce niveau couvre le ticket modérateur et, sur les formules les plus complètes, une partie des dépassements éventuels.
Les consultations chez un généraliste, un gynécologue ou un urologue suivent une logique proche : selon la formule, le remboursement va de 100 % à 300 % de la base de remboursement pour un praticien en secteur OPTAM, et jusqu'à 250 % hors OPTAM.
En cas d'opération pour une incontinence ou un prolapsus, la prise en charge suit les règles de l'hospitalisation. Le forfait journalier hospitalier est toujours remboursé en frais réels par nos formules. Les honoraires du chirurgien peuvent être couverts jusqu'à 400 % de la base de remboursement sur les formules les plus complètes, et la chambre particulière jusqu'à 100 € par nuit.
La franchise médicale, elle, ne peut jamais être remboursée par une complémentaire santé, quel que soit le niveau de garanties : c'est une règle qui s'applique à tous les contrats responsables. Le coût des protections urinaires reste lui aussi à votre charge dans la grande majorité des formules du marché.
Souscrire une complémentaire santé ne nécessite pas de répondre à un questionnaire médical. Un trouble urinaire déjà diagnostiqué n'entraîne donc ni surprime ni refus, quelle que soit la formule choisie via notre comparateur.
Récapitulatif : ce que remboursent la Sécurité sociale et la complémentaire santé
| Situation | Sécurité sociale | Ce qu'ajoute une complémentaire santé |
|---|---|---|
| Rééducation périnéale après un accouchement (moins de 3 ans) | 100 % de la base de remboursement | Prise en charge déjà complète |
| Rééducation périnéale hors post-partum ou après ce délai | 60 % de la base de remboursement | Le ticket modérateur, jusqu'à 150 % selon la formule |
| Protections urinaires | Non remboursées | Non couvertes dans la majorité des formules |
| Opération pour incontinence ou prolapsus | Prise en charge classique de l'hospitalisation | Forfait journalier en frais réels, honoraires jusqu'à 400 %, chambre particulière jusqu'à 100 €/nuit selon la formule |