Santé | lun 15/06/2020 - 16:56

Interview : Luko la néo assurance habitation

Suite de notre série d'articles dédiés aux sociétés de l'assurance les plus innovantes. Santiane, votre courtier spécialiste des mutuelles, a cette fois réalisé une interview avec Raphael Vullierme qui est le cofondateur de Luko. Luko a réalisé en novembre 2019 une levée de fonds de 20M€ auprès de fonds d'investissements très prestigieux comme Accel Partners.

Bonjour Raphael, merci de nous accorder cette interview, pourrais-tu nous présenter rapidement Luko ?

Bonjour ! Oui bien sûr : Luko c’est une néo assurance habitation. C’est-à-dire qu’on cherche à insuffler une nouvelle dynamique dans un milieu bureaucratique, lent et opaque de l’assurance habitation. Cette nouvelle dynamique on peut la résumer en trois mots : simple, transparente, utile.

L’assurance habitation est votre produit principal, comment vous différenciez vous de la concurrence sur ce produit ?

Notre différenciation repose de nouveau sur les trois piliers que j’ai cité. Tout d’abord, Luko repose sur la simplicité. Notre processus de souscription est limpide et se fait en ligne. Notre processus de résiliation est d’ailleurs tout aussi simple : il suffit de cliquer sur un bouton et de donner votre date de fin de contrat souhaité. Notre service client est quant à lui disponible 24h/24 et 7j/7. Vous pouvez le contacter où vous le souhaitez, quand vous le souhaitez par un simple message sur notre chat ou par téléphone.
 
Ensuite, Luko repose sur la transparence. Nous aussi nous avons vécu l’opacité des assureurs. Garanties peu claires, contrat en des termes moyenâgeux, exclusions difficilement accessibles. Ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver dans les méandres de son contrat et de savoir ce qui est ou non vraiment assuré.
De notre côté, nous avons adopté une position claire. Vous savez concrètement ce pourquoi vous êtes assurés et ce pourquoi vous ne l’êtes pas. Un doute ? Un tour dans votre espace client en ligne et vous serez directement à jour sur votre contrat. Nous avons surligné en jaune les exclusions et vous envoyons régulièrement des mails pour vous expliquer en détail vos contrat : pas de mauvaise surprise chez Luko.
 
Enfin, Luko repose sur l’utilité. En 2019, il est inconcevable qu’une entreprise ne s’implique pas dans la société. On a donc mis en place le Giveback. Pour le comprendre, il faut d’abord comprendre comment une assurance gère les cotisations des assurés. 
 
En temps normal, une assurance va prélever une partie des cotisations pour ses frais de fonctionnement. L’autre partie va dans une cagnotte où elle va rejoindre les cotisations des autres assurés. Cette cagnotte est alors utilisée pour rembourser les accidents et pépins de l’ensemble des assuré. 
 
Toutefois, il arrive qu’en fin d’année fiscale, de l’argent reste dans cette cagnotte. Les assureurs traditionnels l’incorporent alors à leurs bénéfices. L’assureur se retrouve donc juge et partie : sa ses profits dépendant en partie du remboursement des sinistres. 
Chez Luko, nous avons souhaité insuffler de la transparence. 30% des cotisations financent nos services (gestion des sinistres, service client, développement des technologies de protection, etc.). Les 70% restants sont placés dans un fond commun aux assurés ayant choisi la même association et sont dédiés aux remboursements des sinistres. En fin d’année, s’il reste de l’argent dans ce pot commun, nous le reversons à l’association choisie par l’assuré. Cet argent ne vient jamais augmenter nos profits. Il est soit pour l’assuré en cas de pépin, soit pour l’association.
 
Un autre des produits que vous assurez est la trottinette, on voit depuis quelques mois une explosion du nombre de ces engins dans Paris et certains politiques trouvent la situation anarchique, quelle est ta position sur le sujet ? Penses-tu que la trottinette va devenir une vraie alternative aux déplacements sur courte distance ?

Je pense que la trottinette est une super alternative, green qui plus est, pour les déplacements courte durée. En revanche, l'exécution et de déploiement pêche. La faute est partagée bien entendu : manque de règles, d’encadrement et multiplication des acteurs et des modèles - qui se rapprochent plus de mini scooter parfois.
Néanmoins la législation progresse et va pouvoir protéger les utilisateurs. L’assurance trottinette électrique est déjà obligatoire et de nouvelles règles arrivent : limitation de la vitesse, interdiction de rouler sur les trottoirs ou les chaussées à plus de 50 km/h. Petit à petit, les choses évoluent, et vont aller dans le bon sens je l’espère. Ce serait dommage de freiner un mode de transport vert comme la trottinette électrique. En revanche, il faut l’encadrer et le protéger pour le bien de tous.

Question un peu plus personnelle, qu’est ce qui t’a motivé à te lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ?

Luko n’est pas ma première boîte, j’ai précédemment lancé deux startup dans le domaine de la food et… du jet privé ! On peut dire que je suis un entrepreneur récidiviste ;)
Ce que j’aime dans l’entrepreneuriat c’est prendre un problème complexe et trouver des réponses concrètes et bénéfiques pour les utilisateurs, le secteur mais également plus généralement pour la société. Il me semble important aujourd’hui de créer des entreprises qui s’engagent pour avoir impact positif sur la société (pratiques sociales, environnement, etc.)
C’est ce qu’on essaie de faire chaque jour chez Luko : concilier réussite économique et impact social positif en mettant en place de nombreux process pour mieux consommer et impliquer nos clients dans ce cercle que l’on veut vertueux.