Pourquoi la chaleur fait baisser la tension artérielle
Le corps humain a une priorité absolue quand il fait chaud : maintenir sa température interne autour de 37 °C.
Pour y parvenir, il élargit les vaisseaux sanguins situés près de la peau. Le sang circule davantage en surface, où il se refroidit au contact de l'air. Ce mécanisme, la vasodilatation, augmente le diamètre des vaisseaux. Or, dans un tuyau plus large, la pression baisse. La tension artérielle diminue donc mécaniquement.
À cela s'ajoute la transpiration. Elle refroidit efficacement, mais elle fait perdre de l'eau et du sel. Le volume de sang en circulation diminue, ce qui accentue encore la baisse de pression.
Ces deux effets se cumulent. C'est pourquoi beaucoup de personnes constatent, l'été, des chiffres plus bas qu'en hiver.
Les signes d'une tension trop basse par forte chaleur
Une baisse modérée passe inaperçue. Quand elle devient importante, le cerveau reçoit momentanément moins de sang et les symptômes apparaissent.
- des vertiges ou des étourdissements, surtout en se levant ;
- une vision qui se brouille quelques secondes ;
- une fatigue inhabituelle, une sensation de faiblesse ;
- des nausées ;
- une somnolence ;
- dans les cas les plus marqués, un malaise ou une perte de connaissance.
Le risque principal n'est pas le chiffre lui-même, c'est la chute qui peut en résulter, en particulier chez une personne âgée.
Quand les vertiges surviennent au moment de se lever, il s'agit le plus souvent d'une hypotension orthostatique. L'Assurance maladie la définit par une perte d'au moins 20 mmHg sur la pression systolique, ou d'au moins 10 mmHg sur la diastolique, dans les trois minutes qui suivent le passage en position debout.
Quand la chaleur fait au contraire monter la tension
C'est la face moins connue du phénomène, et elle concerne surtout la déshydratation.
Quand le corps manque d'eau, le volume de sang diminue. Pour continuer d'irriguer les organes vitaux, l'organisme resserre les vaisseaux et accélère le cœur. Ce réflexe de compensation peut masquer la baisse attendue : la tension ne descend pas, elle se maintient ou remonte.
Il a ses limites. Si la déshydratation s'aggrave, la compensation ne suit plus et la pression chute pour de bon. L'Assurance maladie place une baisse importante de la tension parmi les signes du coup de chaleur, avec une température corporelle qui atteint ou dépasse 40 °C. Les reins, qui participent au réglage de la pression artérielle, fonctionnent alors dans des conditions dégradées.
La chaleur produit donc des effets variables selon les personnes et selon leur niveau d'hydratation. C'est précisément ce qui rend la surveillance utile.
Qui est le plus exposé
Certains profils demandent une vigilance particulière pendant les épisodes de chaleur :
- les personnes âgées, dont la sensation de soif est diminuée et dont la régulation thermique est moins efficace ;
- les personnes hypertendues traitées, en raison de l'interaction entre traitement et chaleur ;
- les personnes atteintes d'une maladie rénale ou cardiaque ;
- les personnes diabétiques ;
- les personnes qui travaillent ou font du sport en extérieur ;
- les personnes sujettes aux vertiges au lever.
Traitements antihypertenseurs et forte chaleur
C'est le point le plus important pour une personne hypertendue.
Les diurétiques augmentent l'élimination d'eau et de sel par les reins. Sous forte chaleur, cet effet s'ajoute à la transpiration : le risque de déshydratation et de chute de tension augmente sensiblement.
Les médicaments qui dilatent les vaisseaux amplifient la vasodilatation déjà provoquée par la chaleur. Les vertiges au lever deviennent plus fréquents.
Les traitements qui agissent sur le rein, inhibiteurs de l'enzyme de conversion et antagonistes de l'angiotensine II, demandent une attention particulière en cas de déshydratation, parce que le rein fonctionne alors dans des conditions dégradées. L'ANSM les cite, avec les diurétiques et les anti-inflammatoires, parmi les médicaments susceptibles d'aggraver les effets d'une vague de chaleur.
Face à cela, une règle vaut mieux que toutes les autres : ne modifiez et n'arrêtez jamais votre traitement de votre propre initiative. Un arrêt spontané expose à une remontée de tension bien plus dangereuse que l'inconfort de quelques vertiges. Si vous ressentez des malaises répétés, appelez votre médecin : lui seul peut décider d'ajuster une dose, souvent de façon temporaire.
Les gestes qui comptent pendant une canicule
- Buvez régulièrement, sans attendre la soif. L'Assurance maladie situe le repère à 1,5 à 2 litres d'eau par jour pour un adulte, répartis sur la journée plutôt qu'en grandes quantités d'un coup.
- Ne buvez pas d'eau en excès sans manger. Au-delà de 2 litres par jour, les recommandations canicule du ministère de la Santé demandent de surveiller l'apport en sel, par les repas ou par des boissons minéralisées comme les soupes et les jus de fruits. Boire beaucoup d'eau seule sur plusieurs heures dilue le sodium du sang, ce qu'on appelle une hyponatrémie, et le risque augmente sous diurétique.
- Passez au moins deux à trois heures par jour dans un endroit frais : logement climatisé, centre commercial, bibliothèque, cinéma.
- Rafraîchissez-vous avec des douches tièdes, un brumisateur, un linge humide sur la nuque et les avant-bras.
- Évitez les efforts physiques et les sorties entre 11 h et 21 h. Déplacez vos activités tôt le matin ou en soirée.
- Fermez volets et fenêtres la journée, aérez la nuit quand la température extérieure descend.
- Ne consommez pas d'alcool : il déshydrate et agit lui-même sur la tension.
- Levez-vous doucement, en marquant un temps assis avant de vous mettre debout.
- Prenez des nouvelles des personnes isolées de votre entourage, et acceptez qu'on prenne des vôtres. Après 65 ans, ou en situation de handicap, il est possible de s'inscrire sur le registre tenu par la mairie : il sert aux services sociaux et sanitaires à repérer les personnes seules pendant un épisode de chaleur.
Coup de chaleur : les signes qui imposent d'appeler le 15
Deux situations se distinguent sous forte chaleur.
L'épuisement par la chaleur s'installe progressivement. L'Assurance maladie décrit une faiblesse, des maux de tête, des troubles visuels, des vertiges, des nausées et une transpiration abondante, avec une température corporelle entre 38 et 40 °C, parfois normale chez une personne âgée. Mettre la personne au frais, la rafraîchir et la faire boire améliore l'état en général rapidement.
Le coup de chaleur est une urgence vitale. La température atteint ou dépasse 40 °C, la peau devient sèche et cesse de transpirer, la tension chute nettement et la conscience se trouble : propos incohérents, convulsions, perte de connaissance. Appelez le 15 ou le 112 sans attendre.
Le même appel s'impose devant une déshydratation avancée : soif intense, bouche sèche, yeux enfoncés, urines rares, désorientation. Pendant les épisodes de forte chaleur, le numéro vert Canicule info service, 0 800 06 66 66, donne des conseils de prévention.
Mesurer sa tension quand il fait très chaud
Le protocole ne change pas, c'est la règle des 3 rappelée par l'Assurance maladie : trois mesures le matin avant le petit-déjeuner et avant les médicaments, trois mesures le soir avant le coucher, à deux minutes d'intervalle, pendant trois jours de suite, assis au calme, bras nu à hauteur du cœur. En automesure, la moyenne obtenue est considérée comme anormale au-dessus de 135/85 mmHg, un seuil plus bas que celui retenu en cabinet médical.
Deux précautions s'ajoutent l'été. Mesurez dans une pièce à température supportable, car une prise en plein soleil ou dans une pièce surchauffée ne veut rien dire. Et notez à part les jours de forte chaleur, pour que votre médecin puisse relier une baisse inhabituelle au contexte.
Si vos chiffres descendent nettement en dessous de vos valeurs habituelles et que vous ressentez des vertiges, appelez votre médecin sans attendre le prochain rendez-vous.
L'effet inverse du froid
Le mécanisme fonctionne dans les deux sens. Quand la température baisse, les vaisseaux se contractent pour limiter les pertes de chaleur, et la tension monte.
C'est pour cette raison que les chiffres sont en moyenne plus élevés en hiver qu'en été. Ce décalage saisonnier explique bien des surprises lors d'une consultation de janvier après un suivi estival. Votre médecin en tient compte, et c'est aussi une raison de plus de conserver vos relevés d'automesure sur l'année.
Le suivi médical pendant les épisodes de chaleur
Les périodes de canicule sont précisément les moments où sortir est déconseillé, alors qu'un avis médical devient plus utile que d'habitude. Les téléconsultations répondent bien à ce besoin : un échange à distance suffit souvent à décider s'il faut ou non modifier quelque chose.
La téléconsultation est incluse sans surcoût sur la quasi-totalité des formules de notre comparateur. La livraison de médicaments à domicile fait par ailleurs partie des services d'assistance présents sur l'ensemble de notre offre, ce qui évite un déplacement en pharmacie aux heures les plus chaudes.
Pour le reste, les consultations de spécialistes en secteur à honoraires maîtrisés sont couvertes jusqu'à 300 % de la base de remboursement selon la formule choisie, ce qui réduit d'autant les dépassements d'honoraires laissés à votre charge par l'Assurance maladie. Aucun questionnaire médical n'est demandé à la souscription, quelle que soit votre tension.