Choisir le bon tensiomètre
Le choix de l'appareil conditionne la fiabilité de tout le reste.
Privilégiez un tensiomètre électronique de bras, avec un brassard qui entoure le haut du bras. Les modèles de poignet sont pratiques et peu encombrants, mais ils exposent à un risque d'erreur plus élevé : la position du poignet par rapport au cœur change facilement de quelques centimètres, ce qui suffit à décaler le résultat.
Vérifiez la taille du brassard. Il doit correspondre à la circonférence de votre bras : l'Assurance Maladie range le brassard adapté, petit, moyen ou grand selon le bras, parmi les conditions d'une mesure fiable. Les fabricants indiquent une plage en centimètres, mesurez votre tour de bras avant d'acheter.
Préférez un appareil validé cliniquement. Cette mention figure sur la notice ou sur le site du fabricant. Elle signifie que l'appareil a été testé selon un protocole reconnu.
Une fois le modèle choisi, gardez le même. Changer d'appareil en cours de suivi rend les comparaisons hasardeuses.
Se préparer : les trente minutes qui comptent
Dans la demi-heure qui précède la mesure, évitez :
- l'exercice physique, même une montée d'escalier ;
- le tabac ;
- le café, le thé et toute boisson contenant de la caféine ;
- un repas.
Installez-vous dans une pièce calme, à température confortable, et videz votre vessie avant de commencer. Une envie d'uriner fait monter la tension.
Adopter la bonne position
La posture pèse autant que la préparation.
- Asseyez-vous, le dos soutenu par le dossier de la chaise.
- Posez les pieds à plat au sol, sans croiser les jambes.
- Restez immobile trois à cinq minutes avant de lancer la mesure. Ce temps de calme n'est pas facultatif : c'est lui qui ramène la tension à son niveau de repos.
- Dénudez le bras et posez-le sur une table, paume vers le haut, de façon que le brassard se trouve à hauteur du cœur.
- Placez le brassard environ deux centimètres au-dessus du pli du coude, ajusté sans serrer : vous devez pouvoir glisser un doigt dessous.
- Ne parlez pas et ne bougez pas pendant la mesure. Ne serrez pas le poing. L'Assurance Maladie conseille aussi de laisser les écrans de côté avant, pendant et entre les mesures.
Ces gestes paraissent minutieux. Ils font pourtant la différence entre un chiffre exploitable par votre médecin et un chiffre sans valeur.
La règle des 3
C'est le protocole de référence pour l'automesure à domicile. Il tient en trois chiffres.
- 3 mesures le matin, avant le petit-déjeuner et avant la prise de vos médicaments, espacées d'une à deux minutes.
- 3 mesures le soir, avant le coucher, espacées de la même façon.
- 3 jours de suite.
Vous obtenez ainsi 18 mesures. C'est leur moyenne qui compte, pas la valeur la plus haute ni la plus basse.
Pourquoi trois mesures d'affilée ? Parce que la première est souvent la plus élevée : le corps n'est pas encore complètement au repos, et le gonflage du brassard provoque lui-même une petite réaction. Les suivantes reflètent mieux la réalité.
Ce protocole se réalise en général avant une consultation, à la demande du médecin, ou lors d'un ajustement de traitement. Il n'y a pas d'intérêt à mesurer sa tension tous les jours sans raison : cela génère plus d'inquiétude que d'information.
Noter les résultats correctement
Un relevé incomplet perd l'essentiel de son intérêt.
Notez pour chaque mesure : la date, le moment de la journée, les deux chiffres affichés et, si l'appareil l'indique, le pouls. Beaucoup de tensiomètres gardent les mesures en mémoire, mais un carnet papier ou une note sur votre téléphone reste plus simple à montrer.
Transmettez la totalité des 18 mesures à votre médecin, sans faire de tri. Écarter les valeurs qui vous semblent anormales fausse l'interprétation.
Lire et interpréter les chiffres
L'appareil affiche deux valeurs, parfois trois.
Le premier chiffre, le plus élevé, est la pression artérielle systolique : la pression au moment où le cœur se contracte et propulse le sang. Le deuxième chiffre est la pression artérielle diastolique : la pression qui subsiste entre deux battements. La troisième valeur, quand elle est affichée, correspond au pouls, c'est-à-dire au nombre de battements par minute. Les deux pressions s'expriment en millimètres de mercure, abrégés en mmHg.
Les seuils ne sont pas les mêmes à la maison et au cabinet.
| Lieu de mesure | Tension normale | Hypertension |
|---|---|---|
| Automesure à domicile | inférieure à 135/85 mmHg | 135/85 mmHg ou plus |
| Cabinet médical | inférieure à 140/90 mmHg | 140/90 mmHg ou plus |
Le seuil est plus bas à domicile parce que les conditions y sont plus favorables : pas de stress lié à la consultation, plusieurs mesures possibles, environnement familier.
Il suffit que l'un des deux chiffres dépasse le seuil pour parler d'hypertension. Ces seuils valent pour l'adulte : ils diffèrent chez l'enfant et l'adolescent, et votre médecin peut fixer un objectif personnalisé selon votre âge et votre état de santé.
Enfin, un diagnostic ne se pose pas sur un relevé isolé. L'Assurance Maladie décrit un schéma de trois consultations rapprochées sur trois à six mois, le relevé d'automesure venant confirmer les chiffres pris au cabinet. Seules des valeurs très élevées imposent d'agir plus vite.
Les erreurs qui faussent la mesure
| Erreur | Conséquence |
|---|---|
| Parler pendant la mesure | 6 à 7 mmHg de plus |
| Bras posé plus bas que le cœur | surestimation du résultat |
| Absence de repos préalable | valeurs artificiellement hautes |
| Brassard mal dimensionné | écart dans un sens ou dans l'autre |
| Manche de vêtement roulée qui comprime le bras | résultat faussé |
| Vessie pleine | tension plus élevée |
| Café ou cigarette juste avant | hausse temporaire |
| Une seule mesure retenue | conclusion non fiable |
| Ne garder que les « bons » chiffres | suivi médical faussé |
Prendre la tension à quelqu'un d'autre
Les principes sont identiques : même préparation, même position, même protocole. Veillez simplement à ce que la personne reste silencieuse pendant la mesure, ce qui est plus difficile quand on est deux.
Les tensiomètres manuels, avec poire et stéthoscope, demandent un apprentissage et une bonne audition. Pour un usage familial, l'Assurance Maladie oriente vers un appareil validé à brassard de bras, plus simple à utiliser correctement.
Qui prend en charge le tensiomètre et le suivi
L'Assurance maladie ne rembourse pas le tensiomètre, ni à l'achat ni en location, y compris sur prescription médicale. Elle met en revanche des appareils d'automesure à disposition des médecins, gratuitement, pour qu'ils les prêtent à leurs patients le temps d'un relevé. Demandez à votre médecin s'il en dispose avant d'acheter le vôtre. Du côté des complémentaires santé, une participation reste possible selon le contrat, sans rien d'automatique : vérifiez vos garanties avant l'achat.
Le reste du suivi relève des soins courants. Depuis le 27 juin 2011, l'hypertension artérielle sévère ne figure plus parmi les affections de longue durée : les consultations et les examens sont remboursés au tarif habituel, avec une part à votre charge. Les personnes reconnues en ALD à ce titre avant cette date ont gardé leur exonération jusqu'au terme de sa validité.
C'est là qu'une complémentaire santé prend le relais. Selon la formule choisie, les consultations de spécialistes ayant signé l'OPTAM, l'option par laquelle un médecin s'engage à modérer ses dépassements d'honoraires, sont remboursées jusqu'à 300 % de la base de remboursement, ce qui réduit le reste à charge d'un suivi régulier chez le cardiologue. Aucun questionnaire médical n'est demandé à la souscription dans nos offres, quel que soit votre niveau de tension.