Ce que l'alcool fait à la tension
Plusieurs mécanismes se combinent.
L'alcool stimule le système nerveux qui accélère le cœur et resserre les vaisseaux. Il perturbe aussi la régulation hormonale qui commande l'élimination du sel et de l'eau par les reins. À cela s'ajoute une action directe sur la paroi des artères, qui devient moins souple avec le temps.
Le résultat est une pression plus élevée, qui s'installe dès que la consommation devient régulière. Ce n'est pas un phénomène réservé aux consommations très importantes. Santé publique France estime que 655 000 personnes de 18 à 74 ans sont hypertendues du fait d'une consommation dépassant en moyenne 10 verres par semaine, dont 624 000 hommes.
L'effet trompeur des premières heures
Voilà ce qui brouille les pistes. Dans les heures qui suivent une consommation, la tension a plutôt tendance à baisser : l'alcool dilate les vaisseaux, ce qui explique la sensation de chaleur et les rougeurs.
Cette baisse est temporaire. Elle se prolonge jusqu'à 12 heures après la consommation, puis laisse place à une remontée qui dépasse le niveau de départ au-delà de 13 heures. Ce basculement est mesuré pour des quantités supérieures à 30 g d'alcool, soit environ trois verres standard. C'est pour cette raison qu'une tension prise au lendemain d'une soirée arrosée est souvent plus haute qu'à l'ordinaire.
Un verre ne détend donc pas les artères sur la durée. Il produit un effet passager, suivi d'un contrecoup.
Une relation qui dépend de la dose
Plus la consommation est importante, plus la tension monte. Les essais cliniques situent autour de deux verres standard par jour, soit 24 g d'alcool, le seuil à partir duquel la relation devient mesurable.
Le corollaire est encourageant : diminuer produit un bénéfice mesurable, et ce bénéfice est proportionnel à l'effort. La baisse devient significative chez les personnes qui buvaient au moins trois verres par jour. Elle est la plus marquée au-delà de six verres par jour : chez ces consommateurs, réduire de moitié fait descendre la tension de 5,5 mmHg sur le premier chiffre et de près de 4 mmHg sur le second.
Autrement dit, il n'est pas nécessaire d'arrêter complètement pour améliorer ses chiffres. Passer de cinq verres à deux verres par jour a déjà un effet visible.
Ce qu'est un verre standard
Les repères de consommation s'expriment en verres standard. Selon l'Assurance Maladie, un verre standard contient environ 10 g d'alcool pur, quelle que soit la boisson.
| Boisson | Volume correspondant à un verre standard |
|---|---|
| Bière à 5° | 25 cl |
| Vin à 12° | 10 cl |
| Champagne à 12° | 10 cl |
| Apéritif à 18° | 7 cl |
| Whisky à 40° | 2,5 cl |
| Pastis à 45° | 2,5 cl |
Ces volumes valent pour les contenants prévus pour chaque boisson. À la maison, les verres sont souvent plus généreux : un ballon de vin rempli à 20 cl compte pour deux verres standard, pas pour un. C'est l'une des raisons pour lesquelles beaucoup de personnes sous-estiment leur consommation réelle.
Les repères à connaître
Les repères de consommation à moindre risque sont les suivants :
- pas plus de 10 verres standard par semaine ;
- pas plus de 2 verres standard par jour ;
- des jours sans consommation dans la semaine.
Fixés par Santé publique France, ils sont les mêmes pour les femmes et pour les hommes depuis 2017. La Société française d'hypertension artérielle ajoute une réserve en cas d'hypertension : les femmes et les hommes de faible corpulence ne devraient pas dépasser un verre par jour, et pas tous les jours.
Ces repères valent pour la population générale. En cas d'hypertension, votre médecin peut recommander d'aller plus bas, surtout si les chiffres restent élevés malgré le traitement.
Ce que vous gagnez en réduisant
Diminuer sa consommation agit sur plusieurs plans à la fois.
Sur la tension, la baisse apparaît en quelques semaines et se maintient tant que la réduction est tenue.
Sur le poids, l'alcool apporte des calories sans aucun apport nutritionnel utile : 7 kcal par gramme, soit environ 70 kcal par verre standard, avant même de compter le sucre de la boisson. Réduire aide à perdre du poids, ce qui fait baisser la tension à son tour.
Sur le sommeil, l'alcool donne l'impression de faciliter l'endormissement mais dégrade la qualité de la nuit et aggrave l'apnée du sommeil. Or un mauvais sommeil et l'apnée entretiennent l'hypertension.
Sur l'efficacité du traitement, une consommation importante rend le contrôle de la tension plus difficile et perturbe la régularité des prises.
Alcool et médicaments contre l'hypertension
L'association demande de la prudence, pour deux raisons opposées.
Dans les heures qui suivent une consommation, l'effet dilatateur de l'alcool s'ajoute à celui de certains antihypertenseurs. Le risque est une chute de tension, avec vertiges au lever, malaise, voire chute. Ce risque est plus marqué chez les personnes âgées et sous diurétique.
À plus long terme, la hausse de tension provoquée par une consommation régulière contrarie l'effet du traitement. Le médecin augmente alors les doses sans obtenir le résultat attendu, parce que la cause n'est pas traitée.
Parlez de votre consommation réelle à votre médecin. Cette information change concrètement ses décisions, et elle ne relève d'aucun jugement.
Réduire en pratique
Quelques repères concrets aident davantage qu'une résolution générale.
- Comptez sur une semaine, pas sur une soirée. Notez ce que vous buvez pendant sept jours, sans rien changer. Le total est souvent une surprise.
- Fixez des jours sans alcool, deux ou trois par semaine, et tenez-les comme un rendez-vous.
- Servez-vous dans un verre plus petit et mesurez une fois les volumes indiqués plus haut, pour caler votre repère visuel.
- Alternez avec de l'eau au cours d'un repas ou d'une soirée.
- Retirez le réflexe automatique : l'apéritif quotidien, le verre en cuisinant, la bière devant un match. Ce sont ces consommations régulières qui installent la hausse dans la durée.
- Faites-vous accompagner si la réduction est difficile. Les centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) reçoivent gratuitement et de façon anonyme, sur rendez-vous, et il en existe dans chaque département.
Mesurer sa tension après une consommation
Ne prenez pas votre tension dans les heures qui suivent un verre : vous mesurerez la phase de baisse temporaire, pas votre valeur réelle.
Suivez le protocole habituel : trois mesures le matin avant le petit-déjeuner et avant les médicaments, trois le soir avant le coucher, pendant trois jours de suite, assis au calme depuis cinq minutes, bras nu à hauteur du cœur. La Haute Autorité de santé retient en automesure un seuil de 135/85 mmHg : en dessous, la tension est considérée comme contrôlée.
Si vous entreprenez de réduire votre consommation, faites un relevé avant de commencer, puis un second après quatre à six semaines. La comparaison est bien plus parlante que des mesures isolées.
Le suivi médical et sa prise en charge
Le suivi d'une hypertension liée en partie à l'alcool combine souvent plusieurs intervenants : le médecin traitant, parfois un cardiologue, un bilan biologique du foie et des reins, et un accompagnement pour réduire la consommation.
Les consultations et les analyses sont remboursées par l'Assurance maladie sur la base du tarif conventionné. Restent à votre charge le ticket modérateur, c'est-à-dire la part non couverte, et les dépassements d'honoraires éventuels.
La part que reprend une complémentaire dépend de la formule retenue via notre comparateur.
| Poste de dépense | Prise en charge selon la formule |
|---|---|
| Analyses et examens de laboratoire | jusqu'à 150 % de la base de remboursement |
| Consultation de spécialiste en secteur à honoraires maîtrisés | jusqu'à 300 % de la base de remboursement |
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Le forfait médecines douces ne figure pas sur toutes les formules, et il ne couvre que les praticiens inscrits aux répertoires officiels des professionnels de santé. Un soutien psychologique par téléphone, jusqu'à cinq entretiens, est présent sur l'ensemble de l'offre. La téléconsultation est incluse sans surcoût sur la quasi-totalité de l'offre, et aucun questionnaire médical n'est demandé à la souscription.