Qui rembourse les soins d'un militaire ?
La CNMSS, l'Assurance Maladie des militaires
Le régime obligatoire des militaires est géré par la CNMSS, installée à Toulon. Elle couvre les militaires en activité, leur famille et les militaires retraités.
Dès 16 ans, vous déclarez un médecin traitant à la CNMSS. Si vous consultez un autre médecin sans passer par lui, le remboursement tombe à 30 % de la base.
La CNMSS verse aussi des aides financières pour des dépenses mal remboursées, comme la chirurgie des yeux, l'orthodontie ou les prothèses dentaires hors 100 % Santé.
Ce que prend en charge le service de santé des armées
Le service de santé des armées (SSA) soigne les forces. Sa médecine des forces, générale, d'urgence et de prévention, suit les militaires des trois armées et de la Gendarmerie.
Les militaires et certains anciens militaires titulaires d'une pension d'invalidité ont droit aux soins du service de santé des armées. Les hôpitaux militaires accueillent aussi les autres assurés sociaux. La CNMSS propose une aide pour trouver un médecin civil et le contrat collectif prévoit une téléconsultation 7 jours sur 7, en France et à l'étranger.
Accident ou maladie en service : qui paie ?
Après un accident en service, vous le déclarez au centre médical des armées (CMA) le plus proche, qui vous remet une feuille d'accident à montrer à chaque soignant. Vous n'avancez pas les frais.
La CNMSS rembourse alors les soins à 100 % du tarif de la Sécurité sociale. Les dépassements d'honoraires restent à votre charge. La règle vaut pour les militaires de carrière, les militaires sous contrat et les réservistes opérationnels. Les sapeurs-pompiers de Paris, les marins-pompiers de Marseille et les militaires détachés en sont exclus.
Que change la mutuelle obligatoire du ministère des Armées ?
Un contrat collectif en place depuis le 1er janvier 2025
Jusqu'au 31 décembre 2024, le ministère aidait les militaires qui choisissaient l'une des quatre mutuelles qu'il avait référencées. Après un appel d'offres, il a retenu un organisme pour ses militaires.
Le contrat collectif peut être conclu pour six ans au maximum. L'adhésion ne dépend pas de l'état de santé. Pour les militaires en activité, la cotisation n'augmente pas en fonction de l'âge ou de la santé.
Quels militaires doivent adhérer ?
L'obligation vise les militaires de carrière et les militaires sous contrat, en activité ou dans une position payée, même à salaire réduit. Le même contrat couvre les militaires employés par :
- le ministère des Armées et ses établissements publics ;
- le ministère de l'Intérieur, donc les gendarmes ;
- le ministère chargé de la mer ;
- la brigade de sapeurs-pompiers de Paris et le bataillon de marins-pompiers de Marseille.
Le militaire détaché sur un emploi civil relève du contrat de son employeur d'accueil.
Et pour les militaires affectés à l'étranger ?
Les garanties diffèrent entre métropole et outre-mer, d'une part, et affectations à l'étranger, d'autre part. À l'étranger, les limites réglementaires prévoient notamment jusqu'à 100 € pour une consultation de généraliste et 1 000 000 € par an pour l'hospitalisation. La cotisation dépend du classement du pays parmi trois zones.
Combien coûte la mutuelle militaire obligatoire ?
La part payée par le ministère
La cotisation d'équilibre représente le coût mensuel de la couverture de base pour un militaire actif, avec les mécanismes de solidarité. Elle est révisée chaque année. Le montant 2025 utilisé ici est de 46,66 € par mois : vérifiez le barème de l'année concernée pour connaître votre cotisation.
L'employeur paie 50 % de cette cotisation d'équilibre pour chaque militaire en activité, soit 23,33 € par mois en 2025.
Votre part, calculée sur la solde
Votre part est prélevée chaque mois sur votre solde et figure sur votre bulletin. Elle comprend :
- une part fixe, égale à 20 % de la cotisation d'équilibre, la même pour tous ;
- une part solidaire, calculée sur votre solde de base brute, retenue dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026).
Deux contributions s'ajoutent : 2 % pour un fonds d'aide aux retraités et 0,5 % pour un fonds d'aide sociale.
Peut-on couvrir son conjoint et ses enfants ?
Qui peut être rattaché au contrat
Vous pouvez aussi demander le rattachement de certains proches, sans obligation :
- le conjoint, le partenaire de Pacs ou le concubin ;
- les enfants et petits-enfants, les vôtres ou ceux de votre conjoint, s'ils sont fiscalement à votre charge et sans couverture liée à leur propre emploi ;
- jusqu'à 21 ans, ou 25 ans s'ils font des études, sont en apprentissage ou inscrits comme demandeurs d'emploi ;
- sans limite d'âge s'ils ont un handicap reconnu par la commission des droits et de l'autonomie.
Ce que coûte la couverture de la famille
L'employeur ne paie rien pour la famille, mais le prix est plafonné :
| Membre de la famille | Cotisation maximale |
|---|---|
| Conjoint, partenaire de Pacs ou concubin | 145 % de la cotisation d'équilibre |
| Enfant de moins de 21 ans | 90 % de la cotisation d'équilibre |
| 3e enfant de moins de 21 ans et suivants | Gratuit |
| Enfant de 21 ans ou plus | 100 % de la cotisation d'équilibre |
Avec la référence 2025 de 46,66 €, la cotisation maximale d'un conjoint est de 67,66 € par mois, soit 145 %. Pour trois enfants de 4, 9 et 13 ans, deux cotisations peuvent atteindre 90 % chacune ; le troisième enfant est couvert gratuitement.
Si le militaire décède
Le conjoint et les enfants restent couverts automatiquement pendant 12 mois, sauf s'ils demandent à partir. Au-delà, le conjoint survivant et les orphelins qui touchent une pension de réversion ou d'orphelin peuvent garder leur place. Ils en font la demande dans l'année qui suit le décès.
Peut-on être dispensé de la mutuelle obligatoire ?
Les cas de dispense
Vous pouvez demander une dispense dans les situations prévues, notamment si :
- vous avez droit à la Complémentaire santé solidaire, jusqu'à la fin de ce droit ;
- vous aviez une mutuelle individuelle à l'entrée en vigueur du contrat ou à votre prise de fonction, jusqu'à son échéance et pour 12 mois au plus ;
- vous êtes déjà couvert par une mutuelle collective obligatoire à votre nom, ou comme membre de la famille par une mutuelle collective, même facultative, par exemple sur le contrat de l'entreprise de votre conjoint ;
- vous êtes couvert comme membre de la famille par un contrat financé par le « versement santé » de l'employeur d'un proche ;
- vous relevez du régime des industries électriques et gazières ;
- vous êtes couvert, même par un proche, par le contrat collectif d'une administration de l'État, d'une collectivité ou d'un hôpital public.
Comment la demander et ce qu'elle coûte
La dispense doit être demandée au gestionnaire RH, avec le formulaire et les justificatifs nécessaires, lors de l'engagement ou de la mise en place des garanties. Elle n'est pas automatique.
Un militaire dispensé perd la participation de l'employeur. Il peut renoncer à sa dispense à tout moment et rejoindre le contrat collectif, sans hausse de cotisation.
Réservistes et retraités militaires : quelles règles ?
Les réservistes ne sont pas obligés d'adhérer
Les réservistes ne sont pas exclus du contrat, mais l'obligation d'y adhérer ne s'applique pas à eux. Un réserviste étudiant peut demander la Complémentaire santé solidaire, selon ses ressources. Un réserviste salarié ou agent public relève de la mutuelle de son employeur civil. Un réserviste retraité de l'armée peut rejoindre le contrat des retraités : une activité payée dans la réserve opérationnelle ne lui fait pas perdre cette place.
Les militaires retraités peuvent adhérer, sans aide
À la retraite, l'obligation s'arrête. Vous pouvez rejoindre le contrat collectif si vous étiez militaire en activité au moment de votre radiation des cadres et si vous touchez une pension militaire de retraite ou une solde de réserve. La demande se fait dans l'année qui suit la radiation. Votre conjoint et vos enfants peuvent vous suivre, à leurs frais.
Si vous étiez déjà retraité avant la mise en place du contrat, la demande peut être faite jusqu'au 12 avril 2027, sous conditions, notamment sans reprise d'activité incompatible. Un emploi ouvrant de nouveaux droits à retraite peut faire perdre ce statut dans le contrat. Depuis 2026, un fonds peut aussi aider certains retraités.
Une cotisation qui augmente pendant huit ans
Votre cotisation est plafonnée à un pourcentage de la cotisation d'équilibre des militaires en activité, qui monte avec les années passées depuis la radiation :
| Année depuis la radiation des cadres | Cotisation maximale |
|---|---|
| 1re année | 100 % de la cotisation d'équilibre |
| 2e année | 125 % |
| 3e, 4e et 5e années | 150 % |
| 6e année | 175 % |
| 7e année | 200 % |
| 8e année | 225 % |
| 9e année et suivantes | 250 % |
Le pourcentage est calculé depuis la radiation, pas depuis l'adhésion. Une personne qui adhère un an après sa radiation peut donc relever du plafond de 125 %. À partir de 75 ans, le pourcentage n'augmente plus. Vérifiez le palier exact avec l'organisme selon les dates de radiation et d'anniversaire.
Dans quels cas une mutuelle individuelle reste-t-elle utile ?
Au départ de l'armée ou à la retraite
Un militaire sous contrat qui quitte l'armée sans pension sort du régime, passé un éventuel maintien pendant le chômage. Il lui faut une nouvelle couverture : celle de son futur employeur ou une mutuelle individuelle.
Comparez le tarif du contrat collectif sur plusieurs années à celui d'une mutuelle individuelle. Nos offres ne demandent pas de questionnaire médical. L'âge limite de souscription varie de 60 à 90 ans, et certaines n'en prévoient pas. En septembre 2026, les prix commençaient à 65,69 € par mois pour un jeune retraité et à 79,06 € pour un senior, selon les garanties, l'âge et la résidence.
Pour le conjoint et les enfants
Un conjoint salarié du privé doit se voir proposer la mutuelle de son entreprise. Un conjoint indépendant, sans emploi ou retraité du privé peut comparer ce rattachement avec une formule à son nom. En septembre 2026, nos formules démarraient à partir de 46,09 € par mois pour un actif.
En complément du contrat collectif
Une surcomplémentaire intervient après le régime obligatoire et le contrat collectif, sans dépasser les frais payés. Comparez-la à l'option du contrat militaire, qui renforce certaines garanties sans aide de l'employeur et s'applique aussi aux proches rattachés. Partez d'un devis de soins pour mesurer le complément utile.
Ce que prévoient nos formules face au contrat collectif
Le tableau compare la couverture de base militaire en métropole et outre-mer à plusieurs garanties maximales de nos offres. Ces maximums ne sont pas tous réunis dans un seul contrat. Les pourcentages incluent la Sécurité sociale.
| Soin | Socle du contrat militaire | Nos formules les plus complètes |
|---|---|---|
| Consultation d'un généraliste ou d'un spécialiste OPTAM | 170 % de la base | jusqu'à 300 % de la base |
| Chirurgien OPTAM à l'hôpital | 200 % de la base | jusqu'à 400 % de la base |
| Chambre particulière lors d'un court séjour | 50 € par nuit | jusqu'à 100 € par nuit avec le bonus fidélité |
| Lit d'un accompagnant à l'hôpital | 38,50 € par nuit en établissement conventionné | jusqu'à 25 € par nuit avec le bonus fidélité, sous conditions selon le contrat |
| Couronne du panier libre | 400 % de la base | jusqu'à 350 % de la base |
| Implant dentaire | 500 € par implant, 2 par an | jusqu'à 400 € par an ou 250 € par implant |
| Verres progressifs | 150 € à 200 € par verre, soit 300 € à 400 € la paire | jusqu'à 500 € la paire, 550 € avec le bonus fidélité |
| Chirurgie de la myopie ou de la presbytie | 500 € par an et par œil | jusqu'à 250 € par œil |
| Ostéopathie, chiropraxie, acupuncture | 5 séances par an, 30 € maximum chacune | forfait jusqu'à 200 € par an, 30 € par séance |
L'OPTAM engage le médecin à limiter ses dépassements. Dans cette comparaison, le socle militaire est supérieur sur les prothèses, les implants, la chirurgie des yeux et le lit accompagnant. Certaines de nos offres vont plus loin pour les consultations, les opérations, la chambre et les lunettes. Le bonus fidélité peut renforcer des garanties après plusieurs années.