Qu'est-ce que le profil de l'emprunteur en assurance de prêt ?
Le profil regroupe l'ensemble des informations personnelles utilisées pour calculer votre tarif et déterminer les garanties auxquelles vous avez accès. Il comprend votre âge, votre état de santé, votre métier et votre statut fumeur ou non-fumeur.
Ces informations sont collectées via un questionnaire au moment de la souscription, et parfois via un questionnaire médical plus détaillé. Elles servent à fixer trois choses : le prix de votre cotisation, les limites d'âge de vos garanties, et les éventuelles exclusions qui s'appliquent à votre contrat.
Quel est l'impact de l'âge sur l'assurance emprunteur ?
L'âge est le premier critère regardé, car le risque de décès ou d'invalidité augmente avec les années. C'est aussi le critère le plus mal compris, car deux limites d'âge différentes coexistent sur un même contrat : l'âge jusqu'auquel vous pouvez souscrire une garantie, et l'âge jusqu'auquel cette garantie reste active. Ces deux âges ne sont jamais les mêmes.
Jusqu'à quel âge peut-on souscrire une assurance de prêt ?
La souscription est possible dès 18 ans sur la totalité de nos contrats. Pour la garantie décès, la limite haute varie selon les contrats : elle se situe le plus souvent entre 80 et 85 ans, avec un maximum observé à 85 ans à la date exacte de votre anniversaire. Pour les garanties incapacité de travail et invalidité, la souscription doit intervenir plus tôt : entre 64 et 67 ans selon les contrats, et toujours avant votre départ à la retraite.
Jusqu'à quel âge les garanties restent-elles actives ?
Une fois souscrite, la garantie décès continue de vous couvrir plus longtemps que vous ne pourriez la souscrire : jusqu'à 86 à 90 ans selon les contrats. La garantie perte totale et irréversible d'autonomie (PTIA), qui s'active quand vous devenez inapte à tout travail et dépendant d'une tierce personne pour les actes du quotidien, s'arrête en général vers 70 ou 71 ans, sauf si elle résulte d'un accident : dans ce cas, certains contrats la maintiennent jusqu'à 75 ans. Les garanties incapacité et invalidité s'arrêtent le plus souvent à votre départ à la retraite ou vers 65-67 ans. Si vous continuez de travailler et de percevoir un revenu au-delà de 67 ans, une option d'extension permet, sur la majorité de nos contrats, de conserver ces garanties jusqu'à 71 ans.
Quelles règles particulières pour l'assurance emprunteur senior ?
Un senior qui emprunte après 67 ans se retrouve dans une situation différente : les garanties incapacité et invalidité ne sont plus accessibles à la souscription sur la plupart de nos contrats, puisque leur limite haute se situe justement autour de cet âge. Pour répondre à ce cas, plusieurs de nos contrats proposent une formule dédiée aux seniors, centrée uniquement sur le décès, sans les garanties incapacité ou invalidité qui n'auraient plus d'utilité pour ce profil.
Cette formule reste cohérente avec le besoin réel d'un senior qui emprunte : rembourser le capital restant dû à la banque en cas de décès, sans chercher à couvrir un risque d'arrêt de travail qui ne se posera plus une fois à la retraite. Le tarif tient toujours compte de l'âge à la souscription, puisque le risque de décès augmente statistiquement avec les années.
Le questionnaire de santé est-il toujours obligatoire ?
Non. Depuis la loi Lemoine de 2022, vous pouvez souscrire sans aucun questionnaire de santé si deux conditions sont réunies en même temps.
Quand peut-on emprunter sans questionnaire de santé ?
La première condition porte sur le montant : la part assurée sur l'ensemble de vos prêts immobiliers en cours ne doit pas dépasser 200 000 € par emprunteur. La seconde porte sur la durée : le crédit doit se terminer avant votre 60ᵉ anniversaire. Ces deux conditions s'appliquent aux prêts destinés à l'habitation, seule ou mixte avec un usage professionnel ; un prêt purement professionnel en est exclu. Au-delà de ce seuil, une partie de nos contrats propose tout de même des formalités médicales allégées jusqu'à 1 000 000 € de capital, réservées aux emprunteurs de 45 ans et moins.
Que se passe-t-il quand le questionnaire de santé est nécessaire ?
Passé le seuil de la loi Lemoine, vous répondez à un questionnaire médical détaillé. L'assureur l'analyse pour vous classer dans la catégorie de risque standard, ou pour identifier un risque plus élevé lié à un antécédent médical. Dans ce second cas, le contrat peut prévoir une majoration du tarif, l'exclusion d'une pathologie précise, ou plus rarement un refus. La convention AERAS encadre justement ce type de situation.
Comment fonctionne la prise en charge d'un risque aggravé de santé ?
Un risque aggravé de santé désigne une maladie chronique, un antécédent médical lourd ou une pathologie en cours qui augmente statistiquement le risque couvert par l'assurance. La convention AERAS impose un examen du dossier en trois niveaux successifs avant tout refus définitif.
Quand une pathologie est exclue de la couverture standard, une garantie invalidité spécifique peut être proposée à la place, déclenchée à partir d'un taux d'invalidité de 70 % ou plus. La convention prévoit aussi un écrêtement des surprimes : la cotisation supplémentaire liée au risque de santé ne peut pas dépasser 1,4 point de TEG, le taux effectif global de votre prêt. Cet écrêtement dépend toutefois de vos ressources et n'est pas automatique. Le périmètre AERAS s'applique à un encours cumulé assuré jusqu'à 420 000 € et à un prêt qui se termine avant votre 71ᵉ anniversaire, deux seuils différents de ceux fixés par la loi Lemoine, à ne pas confondre.
Le dos et les troubles psychiques sont-ils couverts par l'assurance emprunteur ?
Ces deux familles de pathologies méritent une attention particulière, car elles concernent une grande partie des arrêts de travail en France. Sans option particulière, une affection dorsale comme une hernie discale, une lombalgie ou une sciatique n'est prise en charge que si elle donne lieu à une intervention chirurgicale ou à une hospitalisation continue d'au moins 4 à 10 jours selon les contrats. Certaines de nos offres couvrent pourtant le dos sans cette condition, dès la formule de base.
Le même principe s'applique aux troubles psychiques : une dépression, un burn-out ou des troubles anxieux ne sont couverts, sans option, qu'après une hospitalisation d'au moins 5 à 10 jours selon les contrats. La quasi-totalité de nos contrats propose une option de rachat de ces exclusions, à souscrire uniquement au moment de l'adhésion. Avec cette option, le dos et le psychisme sont couverts sans condition d'hospitalisation ni de chirurgie, même si la fibromyalgie reste parfois exclue selon les contrats.
Être fumeur augmente-t-il le prix de l'assurance emprunteur ?
Oui. La totalité de nos contrats applique un tarif différent selon que vous êtes fumeur ou non-fumeur, en plus de l'âge, du capital assuré, de la quotité et de votre métier. Le statut non-fumeur est défini de la même façon sur l'ensemble de l'offre : vous devez n'avoir consommé aucun tabac, sous quelque forme, ni aucune cigarette électronique contenant de la nicotine, depuis 24 mois.
Ce délai de 24 mois compte à la date de votre déclaration. Si vous avez arrêté de fumer récemment, vous restez classé fumeur jusqu'à ce que ces deux années soient passées.
Le métier a-t-il une influence sur le tarif et les garanties ?
Votre profession fait partie des critères pris en compte dans le calcul de votre cotisation, au même titre que l'âge ou le statut fumeur. Les conditions précises varient selon les contrats et selon le métier exercé.
Les professions médicales bénéficient d'une garantie dédiée sur une partie de nos contrats : les médecins, chirurgiens, dentistes, sages-femmes, vétérinaires, pharmaciens d'officine et internes peuvent souscrire une garantie qui verse le capital restant dû en une fois si leur invalidité les empêche définitivement d'exercer spécifiquement leur métier, sans tenir compte d'un éventuel reclassement dans une autre activité. Pour le pharmacien d'officine, certaines de nos offres déclenchent même cette garantie dès la suspension d'exercice prononcée par l'Ordre, quel que soit le taux d'invalidité mesuré. Les prêts professionnels, y compris pour financer des parts d'officine ou du matériel médical, restent assurables sur la majorité de nos contrats.
Si vous pratiquez un sport à risque comme la plongée, l'alpinisme, un sport aérien ou un sport de combat, ce risque est exclu par défaut. Vous pouvez le racheter en le déclarant à la souscription, sous réserve de l'acceptation de l'assureur et d'une éventuelle majoration de tarif. Un baptême ou une initiation encadrée à ce type d'activité reste couvert sans démarche particulière.
Enfin, si vous n'exercez pas d'activité professionnelle, en raison d'une retraite ou d'un rôle au foyer, la garantie incapacité de travail reste accessible sur plusieurs de nos contrats, avec une définition adaptée : elle se déclenche quand vous devenez incapable d'accomplir vos occupations habituelles, plutôt qu'une activité professionnelle que vous n'exercez pas.
Comment le profil de chaque emprunteur compte à deux ?
Quand un prêt est souscrit par deux personnes, chacune peut assurer une part différente du capital : c'est la quotité. Vous répartissez librement cette part entre 50/50, 70/30 ou même 100/100 si vous le souhaitez, tant que le total des prestations versées ne dépasse pas 100 % de la dette.
Prenons un couple qui emprunte 220 000 €, avec une quotité de 60 % pour l'un et 40 % pour l'autre. Si celui qui porte 60 % décède, l'assurance verse 60 % du capital restant dû à la banque, soit 132 000 € si le décès survient au tout début du prêt. Les 40 % restants continuent d'être remboursés normalement par le co-emprunteur survivant.
Chacun est aussi tarifé selon son propre profil : âge, santé, métier, statut fumeur. Sur un même prêt, les deux emprunteurs peuvent donc payer un prix très différent, même en assurant la même quotité.
Comment adapter son assurance à l'évolution de son profil ?
Une fois votre adhésion acceptée, un changement de situation - nouveau métier, nouvelle pratique sportive, évolution de votre état de santé, déménagement à l'étranger - n'a aucune incidence sur vos garanties ni sur votre tarif en cours. Cette règle joue dans les deux sens : elle vous protège si votre situation se dégrade, mais elle ne fait pas non plus baisser votre cotisation si votre profil s'améliore sur le contrat déjà signé.
Pour profiter d'un profil qui s'est amélioré, la solution consiste à changer d'assurance. La loi Lemoine vous autorise à le faire à tout moment, sans frais, dès la signature de l'offre de prêt. Votre banque dispose alors de 10 jours ouvrés pour vous répondre, et ne peut refuser le changement que si les nouvelles garanties ne sont pas équivalentes aux siennes, selon des critères fixés par le Comité consultatif du secteur financier. Vous pouvez comparer les offres correspondant à votre profil actuel sur notre comparateur, pour vérifier si un autre contrat propose un tarif plus intéressant.