À quoi sert la prévoyance ?
Les risques qu'elle couvre
La loi Evin définit plusieurs risques couverts par la prévoyance : le décès, les atteintes à la santé, la maternité, l'incapacité de travail, l'invalidité et le chômage. En pratique, les garanties concernent surtout l'arrêt de travail, l'invalidité et le décès. Selon le contrat, l'assureur verse une indemnité par jour, une rente régulière ou un capital en une seule fois.
Ce qu'elle ne fait pas
La prévoyance sert à protéger vos revenus et vos proches. Le remboursement des soins relève de la complémentaire santé, tandis que l'assurance vie permet de constituer une épargne.
La prévoyance est une assurance « à fonds perdus » : si aucun événement couvert ne survient, vous ne récupérez pas vos cotisations. Ce service d'information est proposé par la Banque de France, l'ACPR et l'AMF.
Pour couvrir la perte d'autonomie liée à l'âge, il existe une assurance spécifique : l'assurance dépendance. Elle verse généralement une rente jusqu'au décès.
Collective ou individuelle
La prévoyance collective est un contrat mis en place par l'employeur pour ses salariés. Elle peut être prévue par la convention collective ou décidée par l'entreprise.
La prévoyance individuelle est un contrat que vous souscrivez vous-même. Elle permet de compléter la protection de votre entreprise ou de vous assurer si vous n'en avez pas, notamment si vous êtes indépendant, fonctionnaire, retraité ou sans activité. Avant de choisir, vérifiez ce que votre régime obligatoire vous verse déjà.
Salarié : ce que la Sécurité sociale verse, et ce qui manque
En arrêt de travail : 42,97 € bruts par jour au plus
L'Assurance Maladie verse 50 % du salaire journalier de base après 3 jours sans indemnisation. Le salaire pris en compte est limité à 1,4 Smic.
L'indemnité ne peut donc pas dépasser 42,97 € bruts par jour, soit environ 1 289 € pour 30 jours, même si votre salaire est élevé. Vous pouvez recevoir ces indemnités pendant 12 mois au maximum sur une période de 3 ans. Pour une affection de longue durée, l'indemnisation peut durer jusqu'à 3 ans.
Avec au moins un an d'ancienneté, votre employeur complète ces indemnités à partir du 8e jour d'arrêt. Ce complément permet de recevoir 90 % du salaire brut pendant 30 jours, puis 66,66 % pendant les 30 jours suivants. Ces deux périodes augmentent chacune de 10 jours par tranche de 5 ans d'ancienneté, jusqu'à 90 jours chacune.
Une fois ce complément terminé, vous ne percevez plus que les indemnités de la Sécurité sociale, sauf si votre convention collective ou votre contrat de prévoyance prévoit une meilleure prise en charge.
En invalidité : une pension plafonnée à 2 002,50 € par mois
La pension d'invalidité peut être versée lorsque votre capacité de travail est réduite d'au moins deux tiers. Il faut notamment être affilié depuis au moins 12 mois.
Son montant correspond à 30 % du salaire annuel moyen des 10 meilleures années en 1re catégorie, et à 50 % en 2e ou 3e catégorie. Le salaire retenu est limité au plafond de la Sécurité sociale, soit 4 005 € bruts par mois en 2026.
L'Assurance Maladie indique les plafonds mensuels suivants : 1 201,50 € en 1re catégorie et 2 002,50 € en 2e ou 3e catégorie. En 3e catégorie, une majoration de 1 298,44 € s'ajoute pour l'aide d'une autre personne. Ainsi, à catégorie et salaire moyen retenu identiques, un salarié qui gagnait 4 005 € et un autre qui gagnait 8 000 € peuvent recevoir la même pension.
Au décès : un capital unique de 4 009 €
Le régime général peut verser aux proches un capital décès de 4 009 €. Ce montant est le même, quel que soit le salaire ou le nombre d'enfants.
Pour ouvrir ce droit, le défunt devait avoir l'un des statuts suivants dans les 3 mois précédant son décès : salarié, chômeur indemnisé, personne en arrêt de travail indemnisé, titulaire d'une pension d'invalidité ou bénéficiaire d'une rente d'accident du travail ou de maladie professionnelle pour une incapacité d'au moins 66,66 %.
Les personnes à sa charge sont prioritaires si elles font la demande dans le mois suivant le décès. Les autres bénéficiaires disposent de 2 ans. Le capital n'est jamais versé automatiquement.
Où se situe le manque pour un salarié
Ces aides peuvent laisser une baisse importante de revenus. Après la fin du complément employeur, un salarié qui gagnait 3 000 € bruts ne reçoit plus que 1 289 € par mois au maximum. En cas d'invalidité, la pension reste plafonnée. Au décès, le capital de 4 009 € ne prévoit pas de supplément pour les enfants.
Le contrat de prévoyance de votre entreprise peut déjà compléter ces aides. Consultez ses garanties avant de souscrire une assurance individuelle.
Indépendant : des indemnités plus basses, et personne pour les compléter
En arrêt de travail : 65,84 € par jour au plus
Pour un artisan ou un commerçant, l'indemnité journalière correspond à 1/730e du revenu annuel moyen des 3 dernières années. Le revenu retenu est limité à 48 060 €.
L'indemnité atteint donc au maximum 65,84 € bruts par jour. Elle est versée après 3 jours sans indemnisation, sous réserve d'avoir au moins 12 mois d'affiliation. Si le revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 € pour un arrêt débutant en 2026, aucune indemnité n'est versée.
Pour les professions libérales, l'Assurance Maladie retient un revenu moyen pouvant aller jusqu'à trois fois le plafond de la Sécurité sociale. L'indemnité correspond aussi à 1/730e de ce revenu, soit 197,51 € bruts par jour au maximum. La CPAM intervient pendant 90 jours au plus.
Au-delà, la caisse de retraite de votre profession peut prendre le relais selon ses propres règles. Dans tous les cas, vous n'avez pas d'employeur pour compléter ces sommes.
En invalidité : deux pensions, selon que le métier reste possible ou non
Un artisan ou un commerçant qui ne peut plus exercer entièrement son métier peut recevoir une pension égale à 30 % de son revenu annuel moyen. Son montant va de 530,21 € à 1 201,50 € par mois.
S'il ne peut plus travailler du tout, la pension pour invalidité totale et définitive correspond à 50 % de ce revenu. Elle va de 747 € à 2 002,50 € par mois. Une majoration de 1 298,44 € s'ajoute si l'aide d'une autre personne est nécessaire.
Pour les professions libérales réglementées, les conditions et les montants dépendent de la caisse de retraite du métier.
Au décès : 9 612 €, plus un capital par enfant
Le capital décès d'un artisan ou d'un commerçant en activité est de 9 612 € en 2026. Cela représente 20 % du plafond annuel de la Sécurité sociale. Chaque enfant à charge peut recevoir un capital supplémentaire de 2 403 €.
Pour ouvrir ce droit, le défunt doit avoir cotisé au régime invalidité-décès au cours des 3 dernières années. Son revenu moyen doit atteindre au moins 10 % du plafond moyen de la Sécurité sociale sur cette période.
Pour un indépendant retraité, le capital est de 3 844,80 €. Depuis avril 2026, il est versé si le défunt avait validé au moins 80 trimestres.
Où se situe le manque pour un indépendant
Les indemnités sont calculées sur le revenu qui a servi à vos cotisations, et non sur votre chiffre d'affaires. Elles ne tiennent pas compte des charges fixes de votre activité, comme le loyer, les emprunts ou les salaires.
Pour un artisan ou un commerçant, un arrêt de 60 jours comprend 3 jours sans indemnisation. L'indemnité maximale est donc de 57 × 65,84 €, soit 3 752,88 €.
Si vous êtes indépendant, regardez en priorité les garanties arrêt de travail et invalidité. Elles peuvent prévoir une indemnité journalière et une rente, dont les montants sont choisis à la souscription.
Si vous êtes imposé au régime réel, les cotisations d'un contrat de prévoyance de groupe dit Madelin peuvent être déduites de votre bénéfice. Le Code général des impôts fixe la limite à 3,75 % du bénéfice, plus 7 % du plafond annuel de la Sécurité sociale, sans dépasser 11 534,40 € en 2026.
Fonctionnaire : un traitement maintenu, mais pas longtemps
En congé de maladie : 90 % pendant 3 mois, puis la moitié
Un fonctionnaire en congé de maladie ordinaire reçoit 90 % de son traitement indiciaire pendant 3 mois, puis 50 % pendant 9 mois. Un jour de carence s'applique à chaque arrêt. Le maintien des primes dépend de la fonction publique concernée.
Pour certaines maladies graves, le congé de longue maladie peut durer jusqu'à 3 ans. Le traitement est maintenu à 100 % la première année, puis à 50 %, ou à 60 % dans la fonction publique de l'État.
Le congé de longue durée, réservé à cinq affections, peut aller jusqu'à 5 ans, dont 3 avec maintien intégral du traitement.
En invalidité : une retraite anticipée plutôt qu'une pension
Un fonctionnaire titulaire ne reçoit pas la pension d'invalidité du régime général. S'il ne peut plus exercer ses fonctions et qu'aucun reclassement n'est possible, il peut partir à la retraite pour invalidité, quel que soit son âge.
Cette pension est calculée sur le dernier traitement indiciaire brut, comme une retraite ordinaire, mais sans décote. Si le taux d'invalidité atteint 60 %, elle doit représenter au moins 50 % de ce traitement. En dessous de ce taux, son montant dépend de la durée de la carrière : il peut donc être faible si vous avez peu d'années de service.
Une majoration de 1 376 € par mois peut s'ajouter si vous avez besoin de l'aide constante d'une autre personne.
Au décès : un an de rémunération brute
Le capital décès d'un fonctionnaire de l'État en activité correspond à sa rémunération brute des 12 derniers mois. Il est d'au moins 16 036 €, avec un supplément de 884,33 € par enfant. Le capital est triplé en cas de décès après un accident de service ou une maladie professionnelle.
Dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière, le capital correspond à la dernière rémunération annuelle brute si le décès survient avant l'âge minimum de départ à la retraite. Au-delà, il correspond au quart de cette rémunération. Le conjoint reçoit un tiers du capital et les enfants deux tiers.
Où se situe le manque pour un fonctionnaire
La baisse de revenus peut être importante après 3 mois de congé de maladie ordinaire, lorsque le traitement est réduit de moitié. Une retraite pour invalidité peut aussi être insuffisante si la carrière est courte.
Les administrations de l'État proposent des contrats collectifs de prévoyance depuis le 1er janvier 2025. L'employeur participe à hauteur de 7 € par mois. Si vous n'avez pas encore accès à ce contrat, vous pouvez souscrire une prévoyance individuelle.
Sans activité : ce qui reste quand les droits s'arrêtent
Pendant l'année qui suit la fin d'un emploi
Un demandeur d'emploi indemnisé conserve ses droits aux indemnités journalières maladie pendant la durée de son allocation chômage. Leur montant est calculé sur ses derniers salaires. Si vous n'êtes pas indemnisé, ces droits sont maintenus pendant un an après la fin du contrat de travail ou de l'allocation chômage.
Vous pouvez aussi conserver gratuitement la prévoyance de votre ancien employeur pendant votre chômage indemnisé. Ce maintien est limité à la durée du dernier contrat de travail et ne peut pas dépasser 12 mois, conformément au Code de la sécurité sociale.
En cas de décès d'un chômeur indemnisé, les proches peuvent demander le capital décès de 4 009 €. France Travail peut également verser à la personne qui vivait avec lui une allocation décès correspondant à 120 jours d'allocation chômage, plus 45 jours par enfant à charge.
Au-delà d'un an sans activité
Lorsque les droits liés à votre ancien emploi sont épuisés, vous ne pouvez plus recevoir d'indemnités journalières maladie. Les conditions d'accès à la pension d'invalidité peuvent également ne plus être remplies : elle exige notamment 12 mois d'affiliation et, sur l'année précédente, 600 heures de travail ou un montant minimum de cotisations.
L'allocation aux adultes handicapés peut alors être une aide, sous conditions de ressources. Elle atteint 1 041,59 € par mois au maximum. Il faut un taux d'incapacité d'au moins 80 %, ou un taux de 50 à 79 % avec des difficultés importantes et durables pour accéder à l'emploi.
Le capital décès du régime général n'est pas non plus prévu lorsque les conditions liées à l'ancien emploi ne sont plus remplies. Un conjoint au foyer ou une personne sans activité depuis longtemps peut donc avoir besoin d'un contrat individuel pour protéger ses proches.
Ce qu'un contrat de prévoyance ajoute
Le point de départ, statut par statut
| Situation | Salarié | Artisan, commerçant | Fonctionnaire | Sans activité depuis plus d'un an |
|---|---|---|---|---|
| Arrêt de travail | 42,97 € par jour au plus, plus le complément de l'employeur pendant 60 à 180 jours | 65,84 € par jour au plus, 0 € sous 4 582 € de revenu annuel | 90 % du traitement pendant 3 mois, puis 50 % | Aucune indemnité |
| Invalidité | 2 002,50 € par mois au plus | 2 002,50 € par mois au plus | Retraite pour invalidité, au moins 50 % du traitement si le taux atteint 60 % | Allocation aux adultes handicapés, 1 041,59 € au plus, sous conditions |
| Décès | 4 009 € | 9 612 €, plus 2 403 € par enfant | Un an de rémunération brute, 16 036 € au moins pour l'État | Aucun capital décès |
Pour choisir vos garanties, comparez ces aides aux dépenses que vous devrez continuer à payer : logement, alimentation, crédits ou frais liés aux enfants.
Sur le marché : une indemnité, une rente, un capital
Selon ABE Infoservice, les contrats de prévoyance peuvent prévoir une indemnité journalière en cas d'arrêt de travail, une rente en cas d'invalidité et un capital versé aux bénéficiaires au décès. Certains ajoutent une rente pour le conjoint ou pour les enfants. Les montants sont définis à la souscription.
Pour comparer les contrats, vérifiez surtout les événements couverts : accident uniquement, ou accident et maladie. Regardez aussi la franchise, c'est-à-dire le nombre de jours sans indemnisation au début de l'arrêt, et la durée maximale des versements.
Sur notre comparateur : un capital en cas de décès accidentel ou de perte totale d'autonomie
Les contrats de notre comparateur versent un capital si le décès est causé par un accident et survient dans les 12 mois qui suivent. Selon la formule, vous pouvez choisir parmi plusieurs montants, jusqu'à 150 000 €. Vous et votre conjoint pouvez être assurés pour des montants différents.
Si l'accident entraîne une perte totale et irréversible d'autonomie, le capital est versé directement à l'assuré, sans attendre son décès. Sur la plupart des formules, cette situation correspond à une invalidité de 3e catégorie reconnue par la Sécurité sociale ou à l'attribution d'une majoration pour l'aide d'une autre personne.
La garantie perte d'autonomie s'arrête au plus tard l'année des 65 ans. Le capital n'est pas versé si l'état de santé se stabilise après l'âge d'ouverture des droits à la retraite. La garantie décès reste valable jusqu'à l'année des 80 ans.
Aucun questionnaire de santé n'est demandé, quel que soit le capital choisi. Certaines formules sont proposées à partir de 3,36 € par mois.
Sur notre comparateur : une indemnité par jour d'hospitalisation
Selon la formule, les contrats versent jusqu'à 200 € par jour d'hospitalisation, pendant 365 jours au maximum. Sur les formules accident, l'indemnisation commence dès que le séjour atteint 24 heures continues. Les premières 24 heures sont alors comprises dans le versement.
Le montant est forfaitaire : il ne dépend pas de vos dépenses réelles. La plupart des formules couvrent uniquement les hospitalisations après un accident. L'une d'elles couvre aussi la maladie et, après 10 mois d'adhésion, la maternité. Sur cette formule, l'indemnité est doublée en cas d'hospitalisation après un accident.
Les formules accident peuvent également couvrir votre conjoint et vos enfants. L'une des offres commence à 2,48 € par mois.
Ce que ces garanties ne couvrent pas
Ces contrats ne versent pas d'indemnité pour un arrêt de travail à domicile ni pour une invalidité de 1re ou de 2e catégorie. Ils ne couvrent pas non plus le décès ou la perte d'autonomie dus à une maladie. Un infarctus ou un AVC n'est pas considéré comme un accident dans ces contrats.
L'indemnité d'hospitalisation ne couvre pas l'hospitalisation à domicile, la rééducation ou la convalescence. Sur les formules accident, elle ne couvre pas non plus l'hospitalisation de jour. Certains sports sont exclus, comme la plongée avec bouteille ou l'alpinisme au-delà de 3 000 mètres.
Ces contrats ne prévoient aucune rente et ne prennent pas en charge les frais d'obsèques. Si vous cherchez surtout à maintenir vos revenus pendant un arrêt maladie ou à recevoir une rente d'invalidité quelle qu'en soit la cause, choisissez un contrat qui prévoit ces garanties. Les offres de notre comparateur peuvent compléter cette protection pour les accidents et l'hospitalisation.