Assurance décès suicide

Publié le 09/09/2026

La règle est fixée par la loi, et elle tient en une phrase : une assurance en cas de décès ne joue pas si l'assuré se donne volontairement la mort au cours de la première année du contrat. À partir de la deuxième année, elle doit couvrir ce risque. Cette règle légale ne dit rien, en revanche, de ce que prévoit un contrat particulier, et les écarts entre les offres sont importants sur ce point.

Si vous êtes en souffrance, ou si un proche vous inquiète

Avant toute considération contractuelle, un numéro existe et il est fait pour cela. Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, gratuitement, partout en France.

D'après le ministère de la Santé, qui pilote le dispositif, l'appel est pris par des professionnels du soin, infirmiers ou psychologues, spécifiquement formés à l'écoute, à l'évaluation, à l'orientation et à l'intervention.

Ce numéro s'adresse à quatre publics : les personnes en souffrance psychique, leur entourage, les professionnels qui cherchent des conseils, et les personnes endeuillées par le suicide d'un proche.

Ce que dit la loi sur le suicide et l'assurance décès

Le texte de référence est l'article L132-7 du Code des assurances. Il pose trois règles successives.

Première année : pas de couverture. « L'assurance en cas de décès est de nul effet si l'assuré se donne volontairement la mort au cours de la première année du contrat. »

À partir de la deuxième année : couverture obligatoire. « L'assurance en cas de décès doit couvrir le risque de suicide à compter de la deuxième année du contrat. » Ce n'est donc pas une option laissée à l'assureur : c'est une obligation légale.

En cas d'augmentation des garanties : le compteur repart pour la partie ajoutée. Le même article précise que, pour les garanties supplémentaires, le risque de suicide est couvert à partir de la deuxième année qui suit cette augmentation. Le contrat initial reste couvert, seule l'augmentation attend.

Une exception existe. Pour certains contrats d'assurance de groupe garantissant le remboursement d'un prêt contracté pour l'acquisition du logement principal, la couverture s'applique dès la souscription, dans la limite d'un plafond fixé par décret. L'article R132-5 du Code des assurances prévoit que ce plafond ne peut être inférieur à 120 000 €.

Signalons enfin, pour être complet sur le texte en vigueur, que l'article L132-7 prévoit désormais que l'assurance en cas de décès couvre le décès résultant de la mise en œuvre de l'aide à mourir prévue par le Code de la santé publique. Il s'agit d'une situation juridique distincte du suicide au sens de l'alinéa précédent.

L'autre cas légal de non-versement

Le suicide n'est pas la seule situation dans laquelle le capital n'est pas versé. D'après Service-Public.fr, un bénéficiaire condamné en justice pour avoir donné volontairement la mort à l'assuré ou au souscripteur ne peut pas percevoir le capital. La référence est l'article L132-24 du Code des assurances.

Une précision compte pour les familles : si d'autres bénéficiaires ont été désignés, ils peuvent percevoir le capital prévu au contrat. L'exclusion frappe la personne condamnée, pas le contrat.

Sur les garanties de notre comparateur : une exclusion structurelle

Les contrats de prévoyance accessibles via notre comparateur se situent hors du champ du délai d'un an, pour une raison de périmètre.

Le capital de ces garanties est dû en cas de décès accidentel, ou de perte totale et irréversible d'autonomie consécutive à un accident. Un accident suppose un événement involontaire. Le suicide et la tentative de suicide sont expressément exclus, comme le sont les actes intentionnels de l'assuré ou du bénéficiaire.

Cette exclusion ne dépend donc pas de l'ancienneté du contrat : elle découle du fait générateur lui-même. Il ne s'agit pas d'un délai à franchir, mais d'un événement en dehors de la garantie.

Un point distinct concerne l'assistance adossée à ces contrats. Les conditions générales d'assistance écartent les conséquences du suicide ou de la tentative de suicide survenus au cours de la première année suivant l'adhésion. Là, un délai d'un an existe bien, mais il porte sur les prestations d'assistance, pas sur le capital.

Ce que ces garanties couvrent, et ce qu'elles ne couvrent pas

Pour situer le périmètre exact, voici ce que prévoient les garanties capital de notre comparateur.

Élément Ce que prévoit le contrat
Fait générateur du capital Décès accidentel, ou perte totale et irréversible d'autonomie consécutive à un accident
Décès par maladie Non assuré
Suicide et tentative de suicide Exclus
Délai entre l'accident et le décès 12 mois maximum
Délai de carence Aucun : la garantie est acquise dès la date d'effet, sous réserve de l'encaissement de la première cotisation
Capital maximum 150 000 € sur une formule, 100 000 € sur les autres
Formalités médicales Aucune, quel que soit le montant de capital choisi

L'absence de formalités médicales est la seule caractéristique attestée sur la totalité de ces contrats. Pas de questionnaire de santé, pas de surprime médicale, pas de refus lié à l'état de santé, et l'état de santé n'entre pas dans le calcul de la cotisation.

S'ajoutent les autres exclusions des garanties accident : état alcoolique caractérisé, usage de drogues, de stupéfiants ou de médicaments non prescrits, guerre, attentats, terrorisme, rixes, énergie nucléaire, navigation aérienne hors appareil régulièrement certifié et piloté, sports pratiqués à titre professionnel et une liste d'activités amateurs à risque. Sur une partie des garanties seulement, l'état de démence est également écarté. Ces listes ne sont pas identiques d'un contrat à l'autre : certaines sont sensiblement plus courtes.

Un point souvent mal compris : un infarctus, un AVC ou une rupture d'anévrisme n'est pas considéré comme un accident, la cause étant interne à l'organisme.

Les démarches des proches après un décès

Les délais et les pièces demandées ne varient pas selon la cause du décès.

La déclaration doit intervenir dans le mois suivant le décès. Une partie des contrats demande l'extrait de l'acte de décès délivré par la mairie du lieu de décès et un certificat médical précisant la cause exacte du décès. Une autre partie exige en plus le certificat médical détaillant les circonstances de l'accident, un extrait d'acte de naissance de moins de 3 mois, un acte de notoriété ou une attestation de non-séparation de corps du conjoint survivant, la copie recto-verso de la pièce d'identité de chaque bénéficiaire, le procès-verbal de police ou de gendarmerie, et les coordonnées bancaires de l'ensemble des bénéficiaires.

Deux points utiles à connaître. Les notices ne fixent aucun délai de versement du capital : aucune date ne peut être annoncée à l'avance. Et la prescription, de 2 ans en principe, est portée à 10 ans lorsque les bénéficiaires sont les ayants droit de l'assuré décédé.

En cas de refus, une réclamation écrite ouvre un accusé de réception dans les 10 jours ouvrables et une réponse dans un délai de 2 mois. Passé ce délai sans réponse satisfaisante, le médiateur de l'assurance peut être saisi.

FAQ sur l'assurance décès et le suicide

Une assurance décès couvre-t-elle le suicide ?

La loi impose la couverture du risque de suicide à partir de la deuxième année du contrat. Pendant la première année, l'assurance en cas de décès est de nul effet si l'assuré se donne volontairement la mort. C'est l'article L132-7 du Code des assurances qui fixe cette règle.

Le délai d'un an repart-il si j'augmente mon capital ?

Pour la partie ajoutée, oui. En cas d'augmentation des garanties en cours de contrat, le risque de suicide est couvert à partir de la deuxième année qui suit cette augmentation, pour ces garanties supplémentaires seulement. Le contrat initial reste couvert.

Existe-t-il des contrats où le suicide est couvert dès la première année ?

Oui, pour certains contrats d'assurance de groupe garantissant le remboursement d'un prêt contracté pour l'acquisition du logement principal. La couverture s'applique alors dès la souscription, dans la limite d'un plafond fixé par décret, qui ne peut être inférieur à 120 000 €.

Les garanties de votre comparateur couvrent-elles le suicide après un an ?

Non, et pour une raison différente du délai légal. Ces garanties versent un capital en cas de décès accidentel : le suicide et la tentative de suicide en sont exclus, comme tous les actes intentionnels. Cette exclusion ne dépend pas de l'ancienneté du contrat.

Que se passe-t-il pour les prestations d'assistance ?

Les conditions générales d'assistance adossées à ces contrats écartent les conséquences du suicide ou de la tentative de suicide survenus au cours de la première année suivant l'adhésion. Ce délai d'un an porte sur l'assistance, pas sur le capital.

Un bénéficiaire peut-il perdre son droit au capital ?

Oui, dans un cas prévu par la loi : celui du bénéficiaire condamné en justice pour avoir donné volontairement la mort à l'assuré ou au souscripteur. Si d'autres bénéficiaires ont été désignés, ils peuvent percevoir le capital.

Où trouver de l'aide après le suicide d'un proche ?

Le 3114, numéro national de prévention du suicide, s'adresse aussi aux personnes endeuillées par le suicide d'un proche. Il est gratuit, accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 partout en France, et les appels sont pris par des professionnels du soin formés à ces situations.

Comparateur assurance obsèques. Sélection des meilleurs contrats.

Obtenir un devis